Dans sa Réponse au manifeste du sT de Soubize, Jérémie
appréhender qu'ils ne fissent de même en cette occasion, la prise (1rs armée et les insolentes demandes qu'ils font ôtant tout lieu d'en douter:
Partant qu'il lalloit voir si leur puissance étoit assez considérable pour arrêter le Roi de poursuivre le dessein qu'il avoit de faire la guerre au dehors;
Qu'il étoit certain que d'eux-mêmes ils n'étoient pas
puissants, mais qu'ils le pouvoient être par accident,
qnt l'Espagne les pouvoit favoriser d'argent et
isseaux, comme nous en avons déjà quelque con-
noissance1;
Que ■ par hasard ils avoient quelque bon succès, ce qui pouvoit arriver par la trahison de quelque gou- \erneur qui, par quelque surprise volontaire, leur vendioit sa place, tel maintenant qui ne les favorisoit que <!<• volonté se déclareroit pour eux en effet et ponrroil mettre l<s allaires en compromis;
Qu'il talloit oooaidcrcr davantage que les affaires sont eomme le corps humain, qui Ont leur crois- MMSe, leur perfection et leur déclin ; que toute la prudenee politique ne consiste qu'à prendre l'occasion la plm trantagenae qu'il se peut de taire ce qu'on veut;
One maintenant tout Irembloit sous la terreur des
du Perrier éroqae également la conduite des huguenots à l'égard d<- Henri IV durant le si» kge d \ miens par les Espagaob, BB 1597 : « Ils l'ont abandonné au siège d'Amiens et t. m- la némc procédure qu'ils tiennent à présent. »
l \«.\./ l.i lettre de Béthanc ta Roi, Il février 1625 : « Je eoesprenoii de la lettre de V. M. que cette Ulfldélité et perfidie du sr de SoubUe el def autres d<- s-m intelligence n'avoit été entreprise parles uns ni parlas autres qu'à la sollicitation des ' . nol> et par le moyen de l'argent <|u'ils avoient charitablehlemi-nt aaailoycl en tellei aumôm-s pour raccroieeeinent de la religion i atl.oli.pie > (Ai", étr., Rome 36, fol. 82).
armes de la France; jusques ici tout avoit succédé I souhait; on ne s'étoit point aperçu1 des divisions qui se mettent d'ordinaire dans les armées des ligues, bien que nous ne puissions ignorer que la semence en étoit déjà germée en celle de Piémont2;
Que, quoique le Roi eût de l'argent, comme il avoit dit ci-dessus et qu'il n'eût point encore manqué aux armées, les dépenses étoient si excessives en France qu'il n'y avoit personne qui pût répondre qu'on pût toujours fournir à si grands frais, vu principalement qu'en matière de guerres on sait bien comment et quand elles commencent, mais nul ne peut prévoir le temps et la qualité de leur fin, d'autant que l'appétit vient quelquefois en mangeant et que les armes sont journalières ;
Partant qu'il croyoit qu'il n'y avoit personne qui n'estimât qu'il falloit par nécessité donner la paix3 à soi-même, en l'assurant au dedans de l'État, ou la donner à ses ennemis étrangers, étant certain que tout homme qui aura du jugement avouera que c'est trop d'avoir deux affaires à la fois, dont l'une seule est capable d'occuper;
Que les médecins tiennent pour aphorisme assuré qu'un mal interne, quoique petit en soi-même, est plus
1. Manuscrit A : les trois verbes qui précèdent sont demeurés au présent.
2. Des difficultés s'étaient élevées, en mars et surtout à la fin d'avril 1625, entre le duc de Savoie et le Connétable, notamment pour le choix de la garnison de Gavi. Sur la foi de bruits calomnieux venant de Gênes, le duc aurait même insinué que Lesdiguières recevait des subsides de l'ennemi (Capriata, op. cit., p. 749-753).