‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 101 sur 135 · Var. : être plus à propos (ms. Français · texte numérisé non relu

Var. : être plus à propos (ms. Français

2. Zuccarello était un fief impérial situé entre la république de Gênes et les Etats piéraontais. Il comprenait Zuccarello, Erlo, Gastelvecchio, Castelbianco, Aquila et Gavenola, pauvres territoires aux terres sans richesse, dont la seule importance provenait de leur situation géographique, permettant à leur possesseur de surveiller la Ligurie occidentale.

pion Garetta et pour un quart à Ottavio Garetta*. M. de Savoie a acheté ces trois quarts de Scipion sans le consentement de l'Empereur, de qui ils dépendent, et contre un contrat que ledit Scipion avoit passé avec la république de Gênes, par lequel il s'obligeoit à ne rendre point Zucarel de vingt ans, (|ui n'étoient pas expirés. Il en poursuivit l'investiture, laquelle lui est toujours déniée. Ottavio Garetta cependant vend son quart à la république de Gênes, qui obtint l'investiture de l'Empereur; ledit Empereur confisque ensuite les trois quarts qui appartenoient à M. de Savoie, parce qu'il n'avoit pas observé ce qui étoit dû à l'Empire, en ce qu'il avoit acheté Zucarel inscio domino. Ensuite de cette confiscation, la république achète ces trois quarts de l'Empereur, bien cher, au prix de ce qu'ils avoient coûté à M. de Savoie; de là, M. de Savoie vient aux armes^. Voilà le plus juste prétexte que nous eussions pu désirer.

1. Selon Carutti, Stovia délia diplomazia . délia corte di Savoia, il s'agit ici des marquis del Carretto. D'après une pièce de la fin du xvii^ siècle, écrite par un Italien connaissant cette famille, il faudrait écrire del Caretto (Aff. étr., Correspondance politique, Milan 4, fol. 75). L'orthographe des Mémoires est assurément défectueuse.

2. Voici, d'après Carutti, Sloria délia diplomazia délia corte di Savoia (p. 4, 251-252, 336), un résumé de l'affaire de Zuccarello. En 1588, Charles-Emmanuel I", duc de Savoie, avait acheté du marquis Scipion del Carretto le fief impérial de Zuccarello; là-dessus, les Génois en avaient appelé à l'Empereur. Ce n'est que trente-cinq ans après l'acquisition, en 1623, que l'empereur Ferdinand, statuant sur la réclamation de la république de Gênes, déclara que le marquisat relevait pour les trois quarts de la Chambre impériale et pour l'autre quart de l'un des marquis del Carretto. A peine cette sentence prononcée, Gênes acheta secrètement de la Chambre impériale les

L'État de Gênes, étant proche de Milan, tiendra en jalousie et arrêtera ses armes pour sa propre défense, s'il étoit attaqué.

D'autre part, cette république, qui fournit l'argent à l'Espagne pour l'entretènement de ses armées, ne lui en fournira qu'écharcement, de crainte d'en avoir affaire pour elle-même.

Il faut retarder ou empêcher, si nous pouvons, la prise de Bréda' et exhorter les Provinces-Unies de faire un effort extraordinaire pour arrêter en Flandre toutes les forces d'Espagne qui y sont.

Et, afin que celles de la Ligue catholique en Allemagne soient encore occupées, il faut solliciter le roi d'Angleterre de s'employer vigoureusement au recouvrement du Palatinat et s'efforcer de donner un grand secours d'argent pour cela au roi de Danemark^.

Il y faut encore envoyer Mansfeld^ pour fortifier

trois quarts du fief de Zuccarello et le quart restant du marquis del Carretto, puis occupa le tout. Charles-Emmanuel, qui avait acheté le fief, le considérait comme sien et s'estima lésé. Telle fut l'origine des différends qui divisèrent Gènes et Savoie et qui amenèrent Charles-Emmanuel à s'allier avec la France, dans l'espoir de conquérir Gênes. Le litige devait se terminer ainsi, par l'entremise du roi d'Espagne, le 27 novembre 1631 : Gênes gardait Zuccarello moyennant 160,000 écus d'or payés au duc de Savoie.

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