C'est-à-dire le duc de Bavière
[Ip2'i] DE RICHELIEU. 227
comme il le doit, on empêcheroit que Spinola ne reçoive secours de Tilly ^ , que les intérêts d'Espagne et ceux de la Ligue d'Allemagne ne se conjoignent ensemble, ce qu'il faut éviter ; et, d'autre part, on ne manquera point aux Anglais, auxquels nous ne sommes obligés que de donner de l'argent pour Mansfeld (ce que nous ferions toujours pendant six mois) et non pas des hommes.
Pour induire Bavière à cette condition-, il lui faut représenter que, s'il ne l'accepte, il n'aura pas seulement le Mansfeld sur le bras, mais l'armée de Champagne, étant certain que si le Roi le voit se liguer ouvertement avec les Espagnols, il ne pourra pas moins faire ; et d'autant que le Pape est le père commun des Chrétiens, l'autorité duquel donne grand poids au parti qu'il favorise, outre la raison de conscience, il est du tout nécessaire d'être étroitement lié avec lui, et par conséquent de lui faire approuver toutes nos actions. Ce que nous pouvons par deux moyens : l'un, de religion, lui faisant voir en tous nos desseins l'avancement de la religion que nous voulons procurer ; l'autre, d'État, n'y ayant personne qui ne connoisse que l'intérêt du Pape et de tous les princes requiert qu'il y ait balance entre les deux couronnes.
Il ne faut pas aussi entrer en rupture avec les Espagnols et venir avec eux à une guerre déclarée, y ayant, en ce cas, beaucoup d'inconvénients à craindre, qui pourroient être à la ruine de toute la chrétienté. Nous pouvons faire tout ce que dessus avec dextérité, sans rompre les traités que nous avons avec eux, si nous