‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 104 sur 135 · Le manuscrit A porte à recevoir cette condition · texte numérisé non relu

Le manuscrit A porte à recevoir cette condition

prenons simplement le prétexte d'aider, par nos armes, les alliés en Italie, en la Valteline et en Flandre.

Celui donc qu'il faut prendre n'est pas l'inexécution du traité de Madrid, qui est l'accessoire problématique et peut être mal fondé, mais, revenant au fait principal et à la source, il faut dire que le Roi donne aux Grisons, contre leurs sujets rebelles, le secours qu'ils ont demandé, ce qui est un sujet très légitime de prendre les armes, et à quoi l'alliance oblige le Roi, sans que l'Espagne, Autriche ni aucun autre prince s'en puisse raisonnablement offenser ; que, s'ils le faisoient, ce seroitavec une manifeste injustice, et lors les armes de S. M. seroient si clairement justifiées et agréables à un chacun que toute la chrétienté se joindroit avec elle, et on en devroit espérer un bon et glorieux succès.

En suite de cet avis du Cardinal, le Roi manda au sieur de Béthune qu'il continuât ses poursuites envers S. S. et qu'il le laissât en sa liberté de remettre, s'il vouloit, les forts entre les mains des Espagnols^.

Cependant, S. M. envoya quelques troupes en Picardie sous le commandement de M. le maréchal de la Force, d'autres en Champagne sous le duc d'Angoulême, et fit lever six mille hommes de pied pour envoyer en Bresse, où le connétable de Lesdiguières eut charge de s'acheminer 2. Ledit connétable envoya

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