Jean de Derneville, sieur de Maubuisson, capitaine
se saisir de Poschiavo', de crainte qu'on ne le vînt brûler.
Us trouvèrent des gens de guerre que le marquis de Bagni y avoit envoyés pour s'en saisir, lesquels faisoient main basse à tous ceux du pays qu'ils rencontroient, et, en se retirant, se saisirent de la tour de Cusachio, où ils mirent le feu le lendemain^.
Telles entreprises sur les Grisons, de la part du marquis de Bagni, semblèrent au marquis de Gœuvres autant d'actes d'hostilité^ contre les armes du Roi.
Arrivant à Poschiavo, il reçut Bormio en la protec-
appointé de carabins en 1621 (Bibl. nat., Pièces orig. 994), était encore, en septembre 1632, officier au régiment grison du colonel Schauestein et à la compagnie de carabins de M. du Lande, en Valteline (Aff. étr., Correspondance politique, Grisons 8, fol. 32, 41, 53, 79). — Il avait un frère, également appelé le sieur de Maubuisson, commissaire extraordinaire des guerres, qui était en avril 1632, en Valteline, commissaire général des montres et aide de camp du duc de Rohan; il abandonna cette dernière charge en mai 1632 (Aff. étr.. Correspondance politique, Grisons 8, ibidem).
1. Poschiavo, petite ville de la Valteline aux pieds du mont Bernina.
2. Au lieu de ce paragraphe, la relation des Affaires étrangères porte : « Cette prévoyance fut si nécessaire qu'à leur arrivée ils trouvèrent des gens de guerre de la Valteline es environs dudit Poschiavo, qui, étant empêchés d'y entrer, se retirèrent, tuant et blessant les hommes du pays et se fortifièrent ensuite en la tour de Casanio [sic), fermant le passage entre le lac et la montagne, dont notre infanterie les délogea le lendemain, leur faisant abandonner le pays et ladite tour, où ils mirent le feu, rompant après eux tous les ponts et passages de la Valteline. »
3. Le sci'ibe du manuscrit B avait mis : accès d'hostilité. La correction a été faite par Sancy.
tion du Roi, et ayant appris que le marquis de Bagni avoit fait emprisonner pour cela cent ou six vingts hommes du lieu, qu'il Ibrtifioit' toutes les places de la Valteline et faisoit prendre les armes à tous les habitants des villages, il se résolut de s'y acheminer.
L'entrée de la Valteline étoit fermée par une forteresse, appelée Platemaille^, ci-devant bâtie sur un roc, en un passage fort étroit, par le roi Louis XIP, qui se rendit d'effroi aux armes de S. M.
L'armée entra lors dans la Valteline et se logea en plusieurs villages deçà et delà la rivière Adda^, ayant la communication toute ouverte avec- les Vénitiens, d'où doivent venir les canons et autres munitions de guerre.
Le marquis de Bagni fît rompre tous les ponts à l'entour de la ville de Tirano et mit le feu aux faubourgs*.
1. Le manuscrit B porte au lieu qu'il fordfioit. Nous donnons la leçon du manuscrit A.