Voyez ci-dessus page
ces pages se montre partisan de la Reine mère, tandis qu'il accumule les accusations contre le chancelier de Sillery et son fils; et c'est bien là l'esprit des trois pamphlets les plus importants de l'époque, le Dialogue de la France mourante, le Mol à V oreille de M. le marquis de la, Vieuçille et la Voi^- publique au Roi, publiés, le premier en 1623, les deux autres en 1624. On sait que M. L. Geley [Fanca/i et la politique de Richelieu de 1611 à 1621, Paris, 1884) a revendiqué pour François Langlois de Fancan, qui était alors incontestablement le porte-paroles du Cardinal, la paternité de ces trois libelles. Son opinion semble confirmée par les recherches du D"" Kûkelhaus (1899) et a été suivie par M. G. Fagniez, qui incline à voir dans les deux derniers une « œuvre commune » de Fancan et de Richelieu [l'Opinion publique et la presse politique sous Louis XIII, dans la Revue d'histoire diplomatique, 1900, p. 368). On peut, d'ailleurs, invoquer en faveur de cette thèse le témoignage d'un contemporain, très hostile, il est vrai, à Richelieu, Montchal, archevêque de Toulouse, qui prétend avoir recueilli les aveux de Fancan [Mémoires de M. de Montchal, 1718, p. 4). Un autre contemporain, tout en attribuant au Cardinal l'inspiration de la Voix publique, désigne comme l'auteur un autre confident de Richelieu; à la date du 28 juillet 1624, un personnage qui signe Le Boullay et dont le nom était Nicolas Brûlart, seigneur du Boulay (Quesvers, les Trois églises du Boulay, dans les Annales historiques du Gâtinais, t. XV, 1897, p. 101), et qui était de la famille du Chancelier, écrivait à son cousin le commandeur de Sillery, alors ambassadeur à Rome, dans une lettre dont l'original est à la Bibliothèque nationale, ms. fr. 15620, fol. 22, et dont un fragment a été publié par Avenel (t. VIII, p. 24) : « J'ai voulu donner deux pistoles d'un petit livre que l'on appelle la Voix publique, dont j'entendis la lecture avant-hier, pour vous l'envoyer, bien qu'il déchire
fort Monsieur le Chancelier et son fils, mais il n'est néanmoins pas fait contre eux. L'auteur en est cru un certain évêque de la Mande [sic), créature du cardinal de Richelieu, qui, blâmant et l'ancien et le nouveau gouvernement, veut faire connoître que, si les bonnes intentions du Cardinal n'étoient empêchées par l'extraordinaire autorité et crédit du Folâtre [La Vieuville], le service du Roi s'en porteroit mieux et que les choses marcheroient avec grande gloire et avantage de S. M. » Cet évêque de Mende était Daniel de la Mothe du Plessis-Houdancourt, parent du Cardinal; il venait de quitter pour cet évêché les fonctions d'aumônier de la Reine qu'il occupait depuis 1621.
Appendice IL La mission du P. Grey.
Les^ volumes 26 et 27 du fonds Angleterre de la Correspondance politique aux Affaires étrangères contiennent quelques détails intéressants sur les négociations du Père récollet, Robert Grey; nous relatons ici les points les plus saillants de cette intrigue. Le P. Grey prétendait avoir été chargé par Marie de Médicis d'une mission en Angleterre au sujet du mariage du prince de Galles avec la princesse Henriette-Marie, sœur de Louis XIII. Notre ambassadeur à Londres, le comte de Tillières, ayant écrit, à ce sujet, à Marie de Médicis, le 29 décembre 1623, la Reine mère lui fit la réponse suivante en janvier 1624 2 :
« M. le comte de Tillières, J'ai reçu votre lettre du 29® décembre, sur laquelle je ne puis que je ne vous die que je m'étonne infiniment de votre crédulité. Je n'ai