Le manuscrit B porte reconnoître
être, n'avoit pas peu de sujet d'accorder promptement la dispense* qui lui étoit demandée par S. M., qui estimoit satisfaire à la dignité de roi Très Chrétien si, pour procurer solidement un avantage du tout signalé à l'Église, elle se relàchoitde certaines apparences qui ne sont bonnes que pour se mettre en réputation auprès de ceux qui ne connoissent pas qu'on les a seulement demandées pour ce qu'on savoit bien qu'on n'en pouvoit avoir l'effet^.
Avec ces ordres, le P. de BéruUe s'en va à Rome; mais, tandis qu'il y négocie, retournons à Compiègne voir ce qui s'y passe ^.
Pendant le séjour que le Roi y fait, peu après* que le Cardinal y fut entré dans le Conseil, arrivent des ambassadeurs extraordinaires de Hollande^ pour demander
1. Avec ces deux mots commence le fol. 27 du manuscrit A (p. 43 de la pagination du temps de Richelieu). En haut de la page, à la marge à gauche, Sancy a écrit : « Ceci vient au milieu du 3® cahier. » Ces mots ont d'ailleurs été biffés par la suite.
2. Ici prend fin l'emprunt fait par les Mémoires au document des Archives nationales (M 232) relatif aux instructions du Père de Bérulle envoyé en ambassade à Rome.
3. Comme nous l'avons dit, c'est seulement en novembre que furent signés les articles du mariage de Charles I*"" avec Henriette de France. En novembre et décembre, le gouvernement anglais régla par une série d'actes la situation des catholiques anglais en Angleterre. On en trouvera les copies à la Bibliothèque nationale (Nouvelles acquisitions françaises, 60, fol. 9-15).
4. Le manuscrit B portait par après; c'est Charpentier qui a fait la correction, ce qui montre une fois de plus que cette partie des Mémoires a été revue assez soigneusement.
5. D'après le Mercure français (t. X, année 1624, p. 491), les
secours au Roi contre la maison d'Autriche, qui ne les peut opprimer sans la ruine universelle de toute la chrétienté.
On avoit depuis quelque temps, à l'avantage de l'Espagne et au grand préjudice de cet État^, négligé cette alliance contre les instructions du feu Roi. Le voile de la religion servoit d'excuse à ceux que l'intérêt de leurs affaires particulières tenoit si occupés qu'ils perdoient le soin des publiques^.
Ils mettoient en avant la considération de Rome comme un épouvantail pour faire abandonner les États.
Le Cardinal soutint courageusement que, bien que de prime abord il semblât qu'à Rome on pût trouver à redire à une union plus étroite que le Roi voudroit reprendre avec eux, il pensoit toutefois pouvoir assurer qu'on ne l'improuveroit pas, étant certain qu'à Rome, plus qu'en tous les lieux du monde, on juge autant les choses par la puissance et l'autorité que par la raison ecclésiastique, le Pape même sachant que les princes sont souvent contraints de faire, par raison d'État, des choses du tout contraires à leurs sentiments.
Il disoit aussi que témoigner une si grande crainte
ambassadeurs extraordinaires de Hollande étaient les sieurs de Northvic, de Paw et d'Esten. En réalité, et d'après Dumont [Corps diplomatique, t. V, partie II, p. 463), c'étaient : Henri d'Essen, conseiller de Gueldres et Zutphen ; Nicolas de Boeckhorst, sieur de Noorthwijck; Adrien Paen, chevalier, sieur de Heemstede.