Var. : d'y envoyer dorénavant (ms. A
3. Les premiers mots de ce paragraphe ont été ajoutés par Sancy sur le manuscrit A; la première leçon de A était : Cependant La Vieuville se gouvernoit si mal.
4. Le Mercure françois, t. X, année 1624, p. 653 et suiv., donne de très longs détails sur les accusations dont La Vieuville était l'objet et sur sa disgrâce. Le mot ministère écrit en marge du manuscrit B semble être de la main de Richelieu.
5. Les pages qui suivent paraissent être par endroits le développement d'un document de la main de Charpentier (Aff. étr., France 770, fol. 17). Ce document est une sorte de résumé des fautes qu'aurait commises La Vieuville ; on lit, au dos du document, ces mots : « Déportements de La Vieuville »
H songeoit peu aux affaires publiques; son esprit n'étoit occupé qu'aux moyens de se maintenir, et le pauvre homme prenoit des voies du tout capables de le perdre; il prenoit jalousie de son ombre.
Tantôt, sous prétexte de la foible complexion du Cardinal, il luidisoit qu'il pouvoit faire la charge sans incommodité, puisqu'il suffisoit qu'il allât au Conseil deux ou trois fois la semaine, sans aller chez le Roi pour lui parler en particulier.
et « Employé. 1624 ». Nous le donnons en entier : « Il y a longtemps que le Roi connoissoit son ambition à vouloir seul gouverner, sa légèreté en ses avis, sa témérité à changer les choses résolues au Conseil, sa malice en ses négociations vers les ambassadeurs, sa vengeance par les faux avis contre ses serviteurs. Il a pensé ruiner les afFaires de la Valteline, d'Allemagne, le traité de Hollande, le mariage d'Angleterre pour vouloir faire tout sans le su du Roi et contre l'ordre du Conseil. Il a assuré l'Espagnol que les armées du Roi n'auroient aucun effet, procuré que Gabor fît la paix avec l'Empereur. Il y a huit jours que le Roi lui a pardonné, en suite de quoi il a suscité la Cour des Aides et la Chambre des Comptes pour que S. M. le justifiât. Il s'attaque à sa propre personne, rejetant sur S. M. la haine que le public lui porte et se voulant fortifier contre elle. Il [le Roi] l'a arrêté pour l'empêcher de découvrir ses secrets. Il n'a pas épargné la Reine sa mère. A tâché de donner au Roi jalousie de Monsieur et de se rendre maître de sa maison. Traitoit avec Monsieur le Prince, dont il médisoit. Haïssoit M. de Guise à cause de l'amirauté. Tenoit M. d'Elbeuf pour ennemi, Monsieurle Grand Prieur pour brouillon. A voulu faire mettre à la Bastille M. de Vendôme, chasser M. de Blain ville. Haït mortellement le cardinal de Richelieu. A voulu donner de l'argent à deux près du Roi pour lui en dire du mal et a dit que le Cardinal empêchoit la démolition de Saumur, quoiqu'il la pressât. A voulu gagner Chastelet pour dire que M. de Bassompierre étoit pensionnaire d'Espagne. En vouloit au garde des sceaux, secrétaires d'État, Toiras, Bautru et tous ceux que le Roi affectionne. » Ce docu-
Puis il lui proposa * un expédient, qui est que, quand au Conseil, lui, qui opine le premier, ouvriroit un avis qu'on n'estimeroit pas devoir être suivi, au lieu de le dire ouvertement, il seroit meilleur de dire seulement : « Cette affaire est de conséquence, il vaut mieux la remettre à une autre fois » , et qu'étant remise, on conviendroit, en particulier 2, de ce qu'on estimeroit devoir être fait. Après quoi, ouverture nouvelle en seroit faite au premier Conseil. De sorte qu'on ^ entend et reçoit cet avis et le pratique-t-on.
Depuis, étant au Conseil, et arrivant l'occasion de parler du rasement de quelques places et de la dépense des garnisons, le Cardinal fît une ouverture qui fut applaudie de tout le monde, qui étoit d'ôter toutes les garnisons particulières des places, augmenter les troupes que le Roi avoit sur pied et tour à tour en
ment a été résumé plus loin. On retrouve une partie des mêmes idées dans la lettre que le Roi écrivit à ses ambassadeurs et au Parlement après l'arrestation de La Vieuville (on verra plus loin la lettre de Louis XIII à Béthune et celle du Roi au Parlement, publiée dans le Mercure français, t. X, année 1624, p. 672; il faut comparer aussi ce document à la lettre du Roi à Effiat (30 août) publiée dans Avenel, op. cit., t. II, p. 20 et suiv.). La Voix publique reproduit l'accusation suivante contre La Vieuville : « Il s'est vanté à un duc, il n'y a pas longtemps, qu'il avoit un ascendant su» votre esprit jusques à ce point que, quand il voudroit, il mettroit la Reine mère aussi mal avec V. M., et Monsieur le Prince aussi bien qu'il ait jamais été. »
1. Première leçon du manuscrit A : Depuis on lui propose. La correction est d^ la main de Sancy.