Michel de Marillac, le futur garde des sceaux
4. Mathieu Mole (1584-1656), conseiller au Parlement de Paris en 1606, président aux enquêtes en 1610, procureur général en 1614, fut privé momentanément de cette fonction
du Parlement, comme personne de singulière probité et dont les mains innocentes aideroient beaucoup au dessein qu'on avoit de bien administrer les finances et le faire connoître, outre que les communautés verroient qu'on choisissoit dans les corps des gens pour l'administration de l'État.
Le Roi approuva toutes ces propositions; ce qui n'étonna pas peu le Cardinal, vu que, lorsqu'il avoit été question de semblables affaires, il. avoit toujours fait le choix des ministres qu'il établissoit, sans le su de ceux qui l'étoient.
Le Cardinal ne manque pas de témoigner au Roi son étonnement et le ressentiment qu'il avoit du procédé qu'il plaisoit à S. M. garder en son endroit, lui faisant connoître que, s'il le continuoit, il n'oseroit plus lui dire ses pensées qu'il avançoit seulement^ pour être commises au changement que S. M., par sa prudence, y voudroit apporter.
Ensuite, le Roi résolut d'appeler Schonberg au Conseil, sur la proposition que le Cardinal lui en fît, après lui avoir représenté qu'il étoit important de jeter les
en 1631, pour avoir fait déclarer illégal le tribunal d'exception chargé du procès du maréchal de Marillac. Nommé premier président en 1641, il joua, pendant la Fronde, le rôle que l'on sait. En avril 1651, il fut nommé garde des sceaux, destitué au bout de quelques jours et réintégré au mois de septembre suivant. Il se démit de sa charge de premier président en avril 1653 et remplit les fonctions de garde des sceaux jusqu'à sa mort. — Arnauld d'Andilly raconte, à la date du 14 août, que Mole refusa de participer à l'administration des finances, malgré les instances du Roi, « s'excusant sur ce qu'il n'étoit pas capable de cette charge » [Journal, p. 56).