‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 44 sur 135 · Le mot seulement ne figure que dans le manuscrit A · texte numérisé non relu

Le mot seulement ne figure que dans le manuscrit A

yeux sur quelque personne de bon sens, de ferme jugement, de haut courage, non sujet à ses passions et intérêts, et qui eût bonne réputation dans le public.

Le Roi, étant résolu de ceux dont il se devoit servir, résolut d'ôter de ses affaires La Vieuville.

Il y avoit déjà cinq ou six jours qu'il en étoit si alarmé, que son soupçon augmentoit d'heure à autre ; les conférences particulières que le Roi avoit avec le Cardinal et le garde des sceaux lui faisoient bien croire que le mécontentement de S. M. ne diminuoit pas, d'autant qu'il n'y avoit aucune part; la haine et le mépris de tout le monde }ui étoient un augure certain de sa ruine, et, plus que tout, sa conscience lui faisoit craindre ce qu'il savoit bien qu'il méritoit : au lieu qu'il avoit gourmande et méprisé tout le monde en sa fortune, il n'y avoit personne qu'il ne recherchât; et comme un chacun l'avoit recherché, lorsqu'il les pouvoit obHger, sans en pouvoir recevoir aucun office, la chance étant tournée, il mendioit le secours de tout le monde sans qu'aucun lui voulût donner.

Le Roi étant allé voir la Reine sa mère à Rueil, il* fut chez M. le garde des sceaux, duquel il fit tout ce qui lui fut possible pour découvrir s'il devoit être éloigné; mais il- s'y gouverna avec tant de discrétion et de retenue qu'il n'y reconnut aucune chose. De là, il vint chez le Cardinal, qu'il pressoit si vivement de l'assurer qu'il ne seroit point éloigné, que ledit Cardinal, qui savoit bien taire la vérité, mais jamais la violer, ne lui put jamais répondre avec telles précau-

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