Var. : et lui proposa de garder cet ordre (ms. A
4. A cet endroit, figurait dans le manuscrit A (fol. 49 v°) le texte même de la lettre du Roi au Parlement ; ce texte a été
On envoya aussi MM. les secrétaires d'État, le même jour que [le] sieur de la Vieuville fut démis, vers les ambassadeurs résidant en cette cour, pour les rendre capables de cette action, leur faisant entendre, en termes généraux, que S. M. s'étoit plus portée à ce changement en considération de l'avancement de leurs affaires particulières et des étrangères en général, que pour aucune autre raison, dont le temps les éclairciroit plus amplement, cependant qu'ils savoient euxmêmes que, les choses étant en l'état où elles étoient, il et oit comme impossible à S. M. de rien faire avec
barré lors du travail de révision des Mémoires. Cette lettre, datée du 13 août, a été imprimée dans le Mercure français, t. X, année 1624, p. 672. Arnauld d'Andilly l'a insérée dans son Journal (p, 54-55). Sur ce même sujet de la disgrâce de La Vieuville, voyez aussi la lettre de Louis XIII au marquis d'Effiat (13 août), publiée dans Avenel, op. cit., t. II, p. 20etsuiv. — Voici le texte d'une lettre envoyée par le Roi, à la même date, et à propos de la disgrâce de La Vieuville, à son ambassadeur à Rome, le comte de Béthune (Bibl. nat., Français 3666, fol. 94); on y retrouve à peu près les mêmes termes que dans la lettre au Parlement et dans les passages précédents des Mémoires (ci-dessus, p. 110) : a M. de Béthune, bien que je n'aie jamais rien tant souhaité que l'établissement d'un bon Conseil, par le moyen duquel toutes choses soient maintenues en leur ordre, à la gloire de cette couronne et au bien et soulagement de mes sujets, ni rien eu tant à contre-cœur que les changements en ce qui regarde particulièrement les personnes des ministres et principaux officiers de cet Etat, néanmoins, pour certaines considérations très importantes à mon service, et dont les inconvénients étoient de telle conséquence que, si le cours en eût duré plus longtemps, ils eussent porté un notable préjudice à mon royaume, j'ai été obligé de démettre le marquis de la Vieuville de la charge de surintendant de mes finances et en outre de m'assurer de sa personne... Ce m'a été beaucoup de déplaisir de n'avoir pu trouver autre voie que lY 9
mûre délibération, d'autant que le surintendant faisoit toujours sous main quelque négociation à part, au préjudice de la réputation de S. M. et bien de ses affaires*. Ensuite, le Cardinal conseilla au Roi de rappeler le Colonel et lui dit^ qu'on mesuroit toujours les conseils en deux façons, ou par la raison pour laquelle on les avoit donnés, ou par leur événement ; qu'en quelque façon qu'on considérât celui de l'éloignement du Colonel, on le trouveroit avoir été mauvais ; que La Vieuville l'avoit donné purement et simplement pour ses intérêts, pour introduire en sa place, comme l'expé-
celle que j'ai prise pour remédier à ce désordre, mais j'y ai été contraint par la continuation de la mauvaise conduite dudit La Vieuville, qui a été jusques à ce point que de changer sans mon su les résolutions prises en ma présence, de traiter avec les ambassadeurs résidant près ma personne, contre mon ordre, me supposer divers avis, à dessein de me donner ombrage de ceux en qui je puis sûrement avoir confiance et rejeter sur moi la haine qu'il s'est attirée en exerçant ses passions contre les particuliers. J'avois bien voulu pour un temps ne lui témoigner pas ouvertement le ressentiment que j'avois de ses déportements, lui faisant cependant assez connoître que je ne les approuvois pas, pour lui donner lieu de s'en corriger par la crainte de ma disgrâce; mais cette patience m'ayant été inutile, j'ai eu recours à ce remède, qui, Dieu aidant, réussira à bonne fin, espérant que sa divine bonté me fera la grâce, avec la sollicitude que j'emploierai de mon côté, d'apporter un si bon règlement en mon Conseil et en mon Etat, qu'un chacun connoîtra que je ne pourrai plus retomber en pareil inconvénient... »
1. On retrouve dans ce paragraphe presque identiquement les mêmes termes que dans la lettre du Roi à ses ambassadeurs; voyez, d'ailleurs, la note précédente. Il est, du reste, certain que, pour ce passage des Mémoires, un document au style direct, dont les verbes étaient au présent, a été utilisé.