Première leçon du manuscrit A : comme on avoit
3. On lisait primitivement on sur le manuscrit A, au lieu de il, qui a été mis ensuite.
prenoit de le remettre ne pouvoit être que bon; par raison, en ce que, par nécessité, il falloit quelqu'un pour retenir l'ardeur de l'âge de Monsieur, ce qui ne pouvoit être fait que par lui, vu qu'il n'étoit plus temps d'y bâtir uhe nouvelle créance, joint aussi que si on y eût mis quelqu'un des grands du royaume, il eût été à craindre qu'il y en eût pris au préjudice de l'État ; par l'événement*, en ce qu'outre qu'on vouloit croire le Colonel être homme de bien, quand il eût été autre, et intéressé comme le Roi le croyoit, il étoit certain qu'il ne pouvoit trouver un solide avantage qu'en portant Monsieur à son devoir, et, quand il voudroit faire autrement, toujours donneroit-il deux ans à tenter si ses desseins pourroient réussir par bonne voie, devant que d'en chercher une capable de le ruiner : et, en matière d'État, gagner le temps est gagner beaucoup; qu'au reste S. M., désirant le bien traiter en ses intérêts, il n'y avoit point d'apparence qu'il voulût s'éloigner de son service.
Le Roi, ayant approuvé ces raisons^, le rappela et le rétablit auprès de Monsieur en la charge qu'il y avoit auparavant^, fît revenir le comte de Schonberg pour le servir dans son Conseil et donna la direction
1 . La leçon primitive de A était celle-ci : on j'ustifioit r événement...
2. Dans un Conseil tenu le 17 août à Rueil et « auquel il n'y avoit que S. M., la Reine sa mère, MM. les Cardinaux de la Rochefoucauld et de Richelieu et M. le garde des sceaux » [Journal d'Arnauld d'Andilly, p. 56).
3. Voyez, dans Avenel (t. VIII, p. 939), un extrait de la lettre du Roi au colonel d'Ornano, datée du 18 août, lettre qui lui donnait la liberté et le rappelait à la cour. Dès le 10 du même mois, le Roi avait ordonné au marquis de Mauny, gou-
de ses finances aux sieurs de Ghampigny et de Marillac *, anciens conseillers d'État^.
Les^ malversations que La Vieuville a voit commises dans les finances et les plaintes qui furent faites au Roi par plusieurs personnes des voleries des financiers^ firent qu'incontinent après son éloignement l'on
verneur de Caen depuis 1620, de laisser un peu plus de liberté au Colonel qui était emprisonné dans le château de la ville (lettre publiée par A. de Boislisle, Annuaire- Bulletin de la Société de l'Histoire de France, année 1873, p. 240).