‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 54 sur 135 · Var. : si ce n'étoit à l'extrémité (ms. fr · texte numérisé non relu

Var. : si ce n'étoit à l'extrémité (ms. fr

4. La phrase qui commence par « Joint qu'il se falloit... » est écrite dans le manuscrit A (fol. 56) de la main de Sancy. Après le mot Videville, on y lit ces mots écrits encore par Sancy : « Voyez ici f[olio] 95 A jusqu'à B. » On, trouve, en effet, à la page 95 de l'ancienne pagination (actuellement fol. 66), les lettres de renvoi A et B qui marquent le passage à transcrire. Cette correction indiquée sur le manuscrit A a été suivie sur le manuscrit B. Le passage ainsi déplacé se termine avec ces mots : qui étaient privés des pensions qu'ils avaient accoutumé d'avoir. Le document intitulé « Avis sur la recherche des financiers » donne, au lieu du passage qui commence par Joint qu'il se falloit, les lignes suivantes : « Il faut prévoir et pourvoir au dessein que les financiers, pour se sauver dans la confusion et troubles du royaume, pourroient être portés par le désespoir à donner sous main une somme notable à ceux qui peuvent brouiller l'État et qui sont mécontents. Ainsi, du temps de Henri IIP, Videville... » On saisit facilement la raison pour laquelle Richelieu, historien partial, a supprimé cette phrase qui contenait un aveu trop clair de l'état d'agitation du royaume (Aff. étr., France 779, fol. 13 v").

ner garde de les porter dans le dernier désespoir ; que nous en avions un mauvais exemple arrivé en ce royaume du temps du roi Henri IIP, auquel Videville \ poursuivi vivement, se retira en Lorraine, d'où il disposa ses compagnons à donner de l'argent à M. de Guise ^ pour commencer à acheminer les desseins de la Ligue; qu'il étoit donc à craindre que beaucoup de méchants esprits et inventifs, comme sont d'ordinaire ceux des hommes de finances et tant de seigneurs qui leur sont alliés ou qu'ils peuvent intéresser, ne se jetassent dans quelque résolution semblable; et, encore que le temps n'y semblât pas être beaucoup disposé, si est-ce qu'il falloit appréhender l'esprit avaricieux de Monsieur le Prince et de la plupart des officiers de la couronne et seigneurs qui étoient privés des pensions qu'ils avoient accoutumé d'avoir^. Et partant, qu'il falloit tâcher de conduire cette affaire en sorte que les coupables se portassent à se taxer eux-mêmes, mais si notablement que les communautés et les peuples eussent sujet de croire qu'on n'auroit pas tiré plus d'eux par quelque rigueur que l'on eût pu exercer en leur endroit.

1. Benoît Milon, seigneur de Videville, intendant des finances, puis intendant de l'ordre du Saint-Esprit (1580), se réfugia en 1586 à Harouel, bourg des environs de Nancy [Mémoires de Bassompierre^ t. I, p. 40). 11 mourut en 1593.

2. Henri de Lorraine, duc de Guise, fiJs aîné de François de Lorraine, duc de Guise, et d'Anne d'Esté, assassiné à Blois par ordre de Henri HI, le 23 décembre 1588.

3. Ce paragraphe, à partir de Joint qu'il se falloit donner garde, se trouve à la dernière page du document intitulé « Avis sur la recherche des financiers » (Aff. étr., France 779, fol. 13 v°) ; il y est un peu différent du texte que nous donnons (voyez la note de la page précédente).

Par ce moyen, on éviteroit les grands frais d'une chambre réglée, les longueurs incroyables à quoi les formes astreignent. On loueroit d'une part la clémence du gouvernement et de l'autre la justice ; les financiers ne se pourroient plaindre, les communautés seroient satisfaites, le Roi secouru et le peuple déchargé, vu qu'il faudroit qu'il subvînt aux nécessités de l'État par d'autres moyens.

Que si l'on* pratiquoit cet expédient,. de sorte que, sans donner une définitive absolution aux voleurs, quelques-uns de ceux qui seroient les plus coupables fussent dépossédés de leurs charges pour marque de leurs fautes 2, il pensoit qu'il seroit parfait de tout point, et qu'en effet il se trouveroit teP; pourvu que la taxe des financiers fût faite sur la déclaration qu'ils donneroient de leurs biens, signée de leurs mains, à condition que, s'il se trou voit qu'ils en eussent d'autres que ceux qu'ijs auroient déclarés, ils seroient confisqués au Roi et pourroient de nouveau être poursuivis. Et si, en outre, on prenoit les offices des plus coupables sur le pied de la finance qu'ils auroient mise* aux coffres du Roi pour le prix de leurs taxes ^

1. Ces deux mots ont été écrits sur 1' « Avis » par Richelieu lui-même.

2. Les mots qui précèdent, à partir de « quelques-uns de ceux qui seroient... », ont été écrits par Charpentier à la marge de 1' « Avis ». Richelieu a écrit, au-dessus de cette adjonction marginale, le mot Corps, qu'il a entouré d'un trait de plume, indiquant ainsi que cette adjonction devait faire partie du corps du texte.

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