‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 57 sur 135 · L' « Avis » porte : « En même temps on commettra · texte numérisé non relu

L' « Avis » porte : « En même temps on commettra

l'exercice de leurs charges, autres personnes, n'étant raisonnable qu'ils les exercent; car, par ce moyen, ils tiendroient en sujétion et crainte tous ceux qui ont eu ci-devant affaire avec eux et pourroient déposer des péculats et exactions par eux commises*.

Qu'au reste, il étoit juste ^ que, pendant que l'on travailleroit à leurs procès, ils fussent payés de leurs gages, fors et excepté quelque modéré appointement pour les commis qui exerceroient, outre les droits et taxations appartenant pour l'exercice des offices.

Qu'il ne falloit pas craindre que les affaires demeurassent, pour ce que Chariot ^ prendroit volontiers l'épargne, pour tant et si peu de temps qu'on voudroit; que Feydeau* seroit bien aise d'en faire autant,

1. Cette phrase se trouve expliquée par l'adjonction suivante figurant dans la première rédaction du manuscrit A : « ... craignant que, demeurant en leurs charges, ils les traitassent plus rudement qu'auparavant. » On retrouve ces lignes dans l'a Avis » (fol. 12).

2. Le manuscrit B porte : « Il n'étoit juste que... » La leçon de A est la bonne. L' « Avis », qui sert de source à ces pages, porte, en effet : « Et pendant que l'on travaillera à leur procès, ils seront payés de leurs gages, fors et excepté... »

3. Voyez ci-dessus, p. 108, note 4, et t. II, p. 136. — Probablement « noble homme Claude Chariot », qui était, en 1630, « conseiller et secrétaire du Roi et de ses deniers » ; en 1646, il était « conseiller secrétaire, notaire du Roi, maison et couronne de France et de ses finances ». Il avait épousé Anne Aymeret (Bibl. nat., Cabinet des titres, Pièces originales 681).

4. Antoine Feydeau, seigneur de Bois-le-Vicomte, fils de Joseph Feydeau et de Catherine Millet, fut receveur des tailles à Noyon en 1599, receveur général des finances à Amiens en décembre 1601, puis à Poitiers en 1604, 1609, 1613, payeur des rentes de l'hôtel de ville assignées sur les aides (1613), trésorier des pensions nouvellement créées en 1615 et 1617, puis conseiller d'Etat et intendant de la maison de la Reine en

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telles gens pensant par là se mettre à couvert; que plusieurs bourgeois de Paris même* ne refuseroient pas de servir^ et que cet expédient fut pratiqué par le chancelier de L'HospitaP es années 1 561 et 1 562, l'exercice de telle commission^ ayant lors demeuré dix-huit mois, pendant lesquels on ne voulut jamais se résoudre de les remettre, ne semblant pas chose raisonnable de

1617, 1620, 1625. Après la mort du maréchal d'Ancre (avril 1617), on rait les scellés chez lui, car il avait servi d'intermédiaire aux Concini dans leurs affaires. On crut alors qu'il était « dépossédé », mais il « se remit ». En mars 1622, il eut le bail général des gabelles de France. En qualité d'adjudicataire de la ferme générale des gabelles de France, il obtint, en juin 1624, un arrêt du Conseil. En 1625, il fut nommé trésorier de l'Epargne. Il mourut en 1627. Le 21 janvier 1627, un agent secret des Pays-Bas en France écrivait : « Je serois honteux de vous dire les millions desquels Feydeau s'est trouvé reliquataire. On ne le pourroit point croire... Ledit Feydeau a fait une belle et signalée banqueroute. » Elle aurait été de dix-neuf à vingt millions; bien des gens y auraient perdu leur fortune (Bruxelles, Archives du royaume. Papiers .d'Etat et de l'Audience). — Feydeau avait épousé Louise Payot, fille de Charles Payot, trésorier général, et de Marguerite Canaye ; elle mourut en 1650. Il en eut deux enfants : Antoine, né en 1608, seigneur de Bois-le-Vicomte en 1625, puis capucin, et Marie, née en 1604, mariée en 1622 à Tiraoléon de Daillon, comte du Lude (Bibl. nat.. Cabinet des titres, Pièces originales 1150). Il a été question de lui déjà page 107, note 4.

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