‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 63 sur 135 · Traité de Crémone, du 24 juin · texte numérisé non relu

Traité de Crémone, du 24 juin

3. Ce résumé des rapports des Suisses avec la France est aussi bref qu'inexact : il faut lire, sur ce point, l'exposé de M. Éd. Rott dans son beau livre, Henri IV, les Suisses et la liante- Italie, p. 142-200.

appartenir par nous-mêmes, la cause à laquelle nous en sommes redevables étant trop éloignée, les Grisons, oubliant les biens qu'ils recevoient de si longtemps de l'alliance qu'ils avoient avec la France seule, après avoir sagement, durant les premières années, résisté aux sollicitations que leur faisoient les Vénitiens et le gouverneur de Milan, enfin leur prêtèrent l'oreille et , en l'an 1 603 , méprisant l'alliance de France 1, s'allièrent à la république de Venise^. L'Espagne, qui désiroit cette alliance pour soi et en avoit toujours été refusée, et qui, es années 1 578 et 1 5921, durant nos troubles, leur avoit en vain envoyé des ambassadeurs pour cela, enfin, en l'an 1603 avoit poussé ses pratiques si avant qu'elle pensoit l'avoir conclue, et, les articles mêmes en ayant été rédigés par écrit, ne pouvant souffrir que les Vénitiens leur fussent préférés, essayèrent, par menaces et par interdiction de commerce, de les obliger par force à s'allier à eux aussi bien qu'à Venise.

Le Roi assista les Grisons à soutenir l'opposition qu'ils firent à l'Espagnol, mais il dissimula en l'alliance des Vénitiens, à cause de l'ancienne et bonne intelligence qu'il a avec eux, quoiqu'elle fût préjudiciable à la sienne en ce qu'ils leur donnoient les passages contre qui que ce fût, sans aucune exception; ce qui pouvoit pourtant^ être contre lui-même.

1. Le scribe qui a écrit ce passage du manuscrit A était d'une distraction ou d'une inintelligence peu communes; il avait écrit : « ... enfin leur prêtèrent caresse en l'an 1603, traduisant l'alliance de France. » Cette phrase inintelligible a été corrigée comme il fallait par Charpentier (ms. A, fol. 75).

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