Le docteur Zacharias Beli de Belfort
5. En réalité Jean Burgauer(Sprecher von Bernegg, Geschichte der Kriege, etc., t. I, p. 308).
6. Rodolphe Planta (1570-1638), sieur de Zernetz, ancien vicaire (1589), puis « landshauptmann » de la Valteline en 1601, servit en France comme capitaine de 1614 à 1616; il était conseiller de l'archiduc Léopold et chef du parti autrichien en Rhétie.
7. Rodolphe Planta abjura le protestantisme à Coire, mais il ne communia pour la première fois que longtemps après, des mains du nonce, en décembre 1623.
8. Les quatre traités de Milan, conclus les 15 et 16 janvier 1622 par la mission grisonne , sont mentionnés plus loin, p. 188, 189.
avoient en toute la chrétienté, ce n'étoit pas leur bien que ne pas apaiser les mouvements de la Valteline; car' ils se mettoient en hasard de perdre leurs États propres s'ils contraignoient le Roi à leur faire la guerre puissamment avec ses alliés pour la restitution de ce qu'ils retenoient injustement.
Don Balthazar Zuniga^, homme consommé dans les ambassades et estimé le plus habile du Conseil d'Espagne, leur en dit librement son opinion et représenta l'impossibilité d'entreprendre, comme- ils vouloient faire, la conquête d'Italie, la rupture avec la France et la guerre en Allemagne pour le Palatinat ; qu'aussitôt qu'on s'apercevroit qu'on voudroit garder la Valteline, la paix se feroit en France indubitablement et que les catholiques et les hérétiques s'en iroient en Allemagne assister le Palatin et mettroient en péril l'Empire et les États patrimoniaux de la maison d'Autriche ; que, si cela survenoit, l'Italie seroit perdue, car elle ne sauroit subsister que par la paix et les secours d'Allemagne ; que le Pape et toute l'adhérence d'Espagne en Italie entreroient en jalousie de l'usurpation de la Valteline ; que la France, se trouvant en paix et ne pouvant demeurer en repos, feroit une ligue en Italie ; et, cela étant, les bannières de France arborées delà les monts, moyennant qu'on connût que la guerre civile ne pouvoit être suscitée dans le royaume, préjudicieroient plus à la maison d'Autriche que la Valteline,
1. Ce mot a été substitué par Sancy sur le manuscrit B à mais.
2. Balthazar de Zuniga, grand commandeur de Léon, conseiller du roi d'Espagne et président du Conseil d'Italie, fut ambassadeur en Flandre de 1599 à 1603, en France de 1603 à 1606 et en Allemagne en 1608.
les Grisons et les cinq cantons catholiques ne lui pouvoient porter d'avantage, quand ils seroient entièrement subjugués; que c'étoit une grande ignorance de soutenir que l'exécution du traité de Madrid pût exclure le roi d'Espagne des passages des Grisons; que, tant que le comte de Tyrol*, les cantons qui sont dans les Alpes et la maison de Milan seroient conjointes d'alliance, les Grisons ne se pouvoient passer de blés, du sel et de la communication des susdits lieux, et en allégua plusieurs exemples; qu'outre cela S. M. Catholique avoit garnison dans Bellinzone-, encore que la ville fût aux cantons d'Uri, Zug et Unterwalden, qui lui gardoient le passage du mont Saint-Gothard ; qu'il avoit encore le mont Simplon^ pour entrer et sortir de l'Italie quand bon lui sembleroit, et, du côté du Tyrol, un passage pour entrer en la duché de Milan que les Vénitiens ne lui pouvoient jamais faire perdre quoiqu'il fallût passer une lieue dans leurs terres; que c'étoit à S. M. de considérer ce qui lui étoit plus honorable et moins périlleux, ou d'exécuter un traité dont il ne lui pouvoit jamais arriver de reproche ni de préjudice à son autorité^ ou se
1. L'archiduc Léopold d'Autriche, déjà nommé, était comte de Tyrol.