‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 82 sur 135 · Bellinzona, ville du canton du Tessin, sur le Tessin · texte numérisé non relu

Bellinzona, ville du canton du Tessin, sur le Tessin

3. Tous les noms géographiques ont été mal transcrits par les scribes des manuscrits A et B qui ont écrit : Urigzug, Undreval, Saint-Godar et Sampion. Ils n'ont été corrigés ni par Sancy ni par Charpentier.

4. Avec ce mot commence (fol. 94) le cahier dixième du manuscrit A. On lit sur la feuille de couverture (fol. 93) ce qui suit : en haut, à gauche, « 10 » et « bon » ; Sancy a griffonné au milieu de la page « année 1624, cahier 10™^ », et Charpentier a écrit : « Suite du traité de Madrid. — Ligue du Roi,

jeter la guerre sur les bras en Italie, où la seule réputation d'y vouloir entretenir la paix étoit le plus assuré fondement de sa conservation ; que ses prédécesseurs avoient sagement considéré qu'il ne falloit pas accroître leur puissance pour mettre en hasard et perdre ce qu'ils y possédoient*.

Tout ce discours fut inutile, et le mauvais génie d'Espagne ne permit pas qu'ils écoutassent un si salutaire conseil , mais leur fit prendre une résolution toute contraire à se prévaloir de nos guerres civiles, pour ce qui étoit de retenir la Valteline, éludant par continuelles remises l'effet du traité de Madrid.

Gela dura si longtemps qu'enfin les Grisons perdirent l'espérance du secours qu'ils avoient attendu du Roi et se laissèrent aller à faire, en janvier 1 6212, deux traités fort désavantageux avec le duc de Feria, gouverneur de Milan; par l'un desquels ils promettoient de donner passage aux gens de guerre du roi Gatholique ; par l'autre, ils renonçoient entièrement à la Valteline, laquelle, pour ne leur être sujette, s'obligeoit à leur donner une pension annuelle de vingtcinq mille écus^.

Venise et Savoie pour la restitution de la Valteline. — Dépôt des forts entre les mains du Pape. — Projet de traité de Sa Sainteté. — Refus d'Espagne de l'accepter. »

1. Voyez sur les idées exprimées par Zuniga le livre de M. Éd. Rott, op. cit., p. 597.

2. Le Mercure français (t. VIII, année 1622, p. 331-332, et t. X, année 1624, p. 131 et suiv.) donne sommairement le résumé des traités conclus les 15 et 16 janvier 1622 par les Grisons et qui étaient au nombre de quatre : le premier conclu « avec les habitants de la Valteline et de Bormio, le second avec le -roi d'Espagne représenté par son gouverneur de Milan [FeriaJ, les deux derniers avec rarchiduc Léopold d'Au-

En même temps, ils en firent un troisième avec rarchiduc Léopold, par lequel lesdites ligues s'obligeoient à recevoir garnison aux dépens dudit archiduc ^

Ces traités si honteux, qui sembloient témoigner autant de foiblesse aux princes leurs alliés qu'en euxmêmes, et l'offense des excuses vaines ou plutôt refus continuels d'accomplir ce qui avoit été promis obligèrent le Roi de traiter à son retour de Montpellier, en l'an 1622, et enfin arrêter, le septième février 1623, une ligue avec la république de Venise^ et M. de Savoie pour contraindre l'Espagnol à rendre ce qu'il avoit usurpé et effectuer sa parole^.

Au bruit de cette ligue, les Espagnols étonnés et S. S. même appréhendant la guerre^ qu'elle allumeroit en Italie et la conséquence d'une guerre générale

triche » (Éd. Rott, op. cit., p. 500-503 et 1045). — Un résumé très bref des incidents qui marquèrent, jusqu'à la fin de 1622, l'affaire de la Valteline a été donné par Richelieu au t. III de ses Mémoires, p. 265-269.

1. Ce fut le traité de Lindau, du 30 septembre 1622, conclu, sous la médiation du Corps helvétique, entre l'archiduc Léopold et les ligues Grises, et ratifié par l'archiduc le 13 octobre

2. Ce mot avait été sauté, sur le manuscrit B, par le scribe; Sancy l'a ajouté.

3. Ce traité d'alliance offensive signé à Paris le 7 février 1623, dit Ligue d'Avignon, avait pour but essentiel et immédiat la restitution de la Valteline aux ligues Grises. Les négociations avaient été successivement poursuivies à Avignon, Lyon et Paris (voyez Ed. Rott, Histoire de la représentation diploma" tique de la France..., t. III, l""® partie, p. 590-593). — Voyez aussi le t. III des Mémoires, p. 266-269.

4. Ces mots la guerre ont été écrits par Sancy sur le manuscrit A à la place de les troubles.

en toute la chrétienté, convinrent, pour en arrêter le cours, que la Valteline, avec tous les forts, seroit baillée en dépôt au Saint-Siège, en attendant que, par son entremise, le différend se pût accommoder à la satisfaction des deux couronnes.

Les raisons de ce dépôt apportées par le roi d'Espagne furent qu'attendu qu'il n'avoit été mû à se saisir du pays, faire faire et défendre ces forts que pour le seul zèle de religion et appelé par les catholiques de cette vallée, il condescendoit volontiers à les mettre entre les mains de S. S. pour lui donner satisfaction et entretenir bonne correspondance avec le Roi, puisque S. S. croyoit que de là dépendoient la paix et le repos d'Italie, et encore pour faire connoître à tout le monde, et principalement aux Italiens, combien S. M. Catholique étoit désintéressée et avoit cheminé avec droiture en cette affaire, jugeant satisfaire assez à son zèle envers la cause catholique, puisqu'il ne s'agissoit ici que de la religion, en remettant le tout entre les mains de S. S., comme du père universel, à la charge néanmoins que les capitaines, officiers et soldats qu'elle y mettroit* fussent tous vassaux du Saint-Siège, et que la conclusion de l'affaire se fît à la satisfaction de S. S. et des deux couronnes, et que si cependant le repos public d'Italie venoit â être troublé sans que la cause en provînt de la part d'Espagne, S. S. y mettroit promptement remède effectif ou restitueroit les forts au roi d'Espagne, en la même

1. D'ici à la fin du paragraphe, les verbes qui étaient primitivement, sur le manuscrit A, au présent de l'indicatif ou du subjonctif et au futur, ont été mis à l'imparfait ou au conditionnel.

manière qu'elle les auroit reçus. Cet écrit^ fut signé à Madrid le 4^ février 16232 et de là envoyé à Rome^. Le Roi, qui a toujours désiré un juste et honorable accommodement plutôt qu'une rupture ouverte, en étant averti, y consentit, et manda à S. S. que, bien qu'il se fût promis que S. S., avant que de prendre la résolution de se charger du dépôt de ces forts, eût voulu rechercher son consentement et son avis, toutefois il vouloit croire qu'elle avoit été induite à ce faire comme père universel et par un pur zèle qu'elle avoit eu au bien public et au repos général de toute la chrétienté; et que, sur la confiance qu'il avoit que Sa Béatitude, comme prince sage et prévoyant, auroit eu soin de tirer du côté d'Espagne toute sorte d'assurance pour l'entière restitution de toutes les places retenues en la Valteline et autres lieux et pays des trois ligues, il n'entendoit pas contredire en rien de ce qui étoit de sa volonté.

Au contraire, après avoir assuré S. S. de la singulière estime qu'il feroit de ses bons et paternels avis et conseils et de la profession qu'il faisoit aussi d'entretenir une bonne intelligence avec le roi Gathohque, son frère, il consentit que le dépôt eût lieu, mais avec ces conditions : que ce seroit pour l'entière exécution des choses accordées par le traité de Madrid et non autrement; que, dans trois mois, seroient vidées toutes

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