‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 87 sur 135 · Les Espagnols · texte numérisé non relu

Les Espagnols

étoient obligés de le rendre, et les princes intéressés étoient sur le point de les y contraindre.

De dire qu'il n'étoit pas raisonnable qu'ils rendissent aux hérétiques, qui étoient leurs ennemis, les places qu'ils avoient prises sur eux\ les hérétiques ne sont pas, en qualité d'hérétiques, ennemis d'Espagne; elle^ a alliance avec les uns et recherche de l'avoir avec les autres. Les Grisons sont de tout temps en alliance avec la maison d'Autriche, et alliance qu'ils appellent erbeinung, c'est-à-dire alliance héréditaire, et les Milanois et eux ont toujours vécu avant ces mouvements en bons amis et voisins. C'est une chose bien injuste de dépouiller ses amis, puis, pour ce que l'on les a déjà dépouillés, les appeler ennemis, afin d'avoir prétexte de s'exempter de leur rendre ce qu'on leur a ravi, et en cette manière les traiter comme s'ils avoient fait des actes d'hostilité et ne les avoient pas simplement endurés, cédant à la force et injustice du plus puissant^ .

De mettre en avant qu'ils avoient entrepris cette guerre pour la religion, ils montroient bien que c'étoit une feinte, puisqu'ils s'accordoient à tout ce que vouloient les Grisons, pourvu qu'ils eussent la liberté de leurs passages. C'étoit ce qui les blessoit,

1. Les mots qui précèdent et le paragraphe précédent étaient primitivement, sur le manuscrit A, au présent; Sancy les a mis à l'imparfait.

Page 1