Les manuscrits A et B portent il
3. La première rédaction de A portait, après les mots « qu'on leur a ravi », ceci : « les traitant comme s'ils avoient fait et non pas simplement souffert des actes d'hostilité ». Sancy a ajouté sur le manuscrit A la fin du paragraphe, telle que nous la donnons ici.
et le seul intérêt qui les avoit portés à tramer tous ces soulèvements.
Pour ce qu'ils disoient qu'il y avoit des titres en vertu desquels les Valtelins prétendoient être libres de la sujétion des Grisons, une seule réponse suffit à cela, qui est que depuis plus d'un siècle les Grisons sont en possession de leur souveraineté sur les Valtelins et ont été depuis ce temps-là, sans interruption, reconnus de tous les princes, et entre autres des rois de France et^ seisfneurs dudit pays- ; ce qui se prouve de ce que lesdits rois ayant recherché, l'an 1509 et depuis, la disposition des passages de la Valteline, n'ont jamais traité avec les habitants d'icelle, mais seulement avec les Grisons; ce que les autres n'eussent pas souffert s'ils en eussent été les maîtres : aussi, chacun sait^ que les Grisons, dès le commencement de leur domination, départirent la Valteline, du consentement de ceux du pays, en trois parts, établissant en chacune deux officiers qu'ils appellent podestats, qui ont toujours depuis gouverné le pays, chacun en sa juridiction, avec pleine puissance de mort et de vie sur les Valtelins, qui ne l'auroient pas si longtemps enduré s'ils ne se fussent reconnus véritablement sujets. Ils n'ont jamais manqué de leur prêter serment de fidélité d'année en année aux bundstags^, qui sont
1. Le mot et, qui figure sur A et que nous avons rétabli, n'est pas sur le manuscrit B.
2. Le début de ce paragraphe et le paragraphe précédent étaient primitivement au style direct.
3. Le manuscrit A donne la leçon que nous avons adoptée; le manuscrit B porte écrit au lieu de sait.
4. Le manuscrit A porte « Pontstagz », que Charpentier a soigneusement écrit. Le « Bundstag » est l'assemblée des dépu-
leurs assemblées générales, et de réitérer ledit serment de deux en deux ans, qui est le terme auquel se fait la mutation des officiers, sans y faire aucune protestation ni réserve que de quelques privilèges qui leur furent accordés dès le commencement, et dans la convention qu'ils firent avec l'évéque de Goire* et les trois ligues, en l'an 1513. Ils s'obligent précisément à leur obéir et à leur payer tous les ans mille tarrins^ qui seront^ levés sur les biens de tous les habitants de ladite vallée, exempts et non exempts*.
Quant au droit prétendu par l'État de Milan sur ladite vallée, il ne peut non plus être mis en considération, attendu la longue possession des Grisons et même qu'après que le pape Jules ^ et Maximilien Sforza^ eurent, à leur aide, en l'an 1512, chassé les
tés des communes grisonnes, qui se tenait alternativement à Coire, Ilantz et Davos.
1. Paul Ziegler fut évêque de Coire de 1503 à sa mort, le 25 août 1541.
2. Var. : tarins (ms. Français 17542); sorte de monnaie d'or analogue aux florins.