‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 9 sur 135 · Le Roi, sans s'être déclaré à personne, envoya le · texte numérisé non relu

Le Roi, sans s'être déclaré à personne, envoya le

du Chancelier qui, ne les pouvant plus garder, avoit désir de les vendre.

La haine qu'on avoit contre son prédécesseur en fit approuver le choix, mais la faiblesse avec laquelle il les exerça fit bientôt connaître que les personnes de basse naissance^ ne sont pas propres aux éminentes charges.

Après les avoir si puissamment offensés, La Vieu ville, qui ne pouvoit plus douter de leurs bonnes volontés, crut qu'il ne devoit pas les laisser en lieu de lui pouvoir nuire. Il est de la cour comme de la guerre, on ne doit pas faire les choses à demi, parce que les fautes y sont mortelles^.

Il trouva grande facilité à l'exécution de son dessein, l'humeur du Roi étant telle qu'il faut être dans sa haine ou dans sa confiance, qu'on ne tombe pas de ses bonnes grâces par degrés mais par précipices^.

6 [janvier], à une heure, étant dans son cabinet des armes, quérir M. Aligi'e et lui manda qu'il vînt avec une robe longue, et, étant venu, lui donna les sceaux avec de grands témoignages d'affection... On tient que M. de Toiras a frappé grand coup pour M. Aligre, et M. de Bellegarde aussi » (Arnauld d'Andilly).

1. La famille du garde des sceaux avait des origines très modestes; ses ascendants, ses oncles, ses cousins étaient des bourgeois de Chartres, drapiers, tanneurs, apothicaires; quelques-uns avaient acquis seulement de petites charges de mesureur du grenier à sel, d'élu, de conseiller au présidial; un de ses oncles avait été valet de chambre du Roi (Le chanoine Hubert, Généalogie des familles orléanalses, t. II; recueil manuscrit de la bibliothèque d'Orléans).

2. D'après l'ambassadeur vénitien, c'est après avoir tenu conseil avec la Reine mère, La Vieuville et Richelieu, le 2 février, que le Roi prit la résolution de renvoyer le Chancelier et son fils (B. Zeller, op. cit., p. 241).

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