Vieux mot français qui signifie dépensé
3. Remarquez que beaucoup des paragraphes, qui précèdent et qui suivent, commencent par des que, dont la fréquence alourdit singulièrement le récit. Ils ont été, pour la plupart, ajoutés après coup sur le manuscrit A. Les temps des verbes qui étaient au présent ou au futur ont souvent été mis à l'imparfait.
4. Citadelle de la vallée de Corinthe, sur l'isthme du même nom, qui commandait les mers Ionienne et Egée.
Que, pour toutes ces raisons, l'article qui étoit en ce traité, donnant la liberté de ces passages au roi d'Espagne, ne pou voit être accordé par le Roi. Quant à ceux qui concernoient la religion, il y en avoit de si rudes pour les Grisons, entre autres celui-là qui leur défendoit, s'ils étoient hérétiques, de pouvoir demeurer en leurs maisons et héritages plus de deux mois l'année, et ce encore en plusieurs termes, qu'il n'y avoit point d'apparence qu'une convention si rigoureuse pût être de durée ; car , comme Alexandre demandoit aux Scythes s'ils garderoient fidèlement^ quelques ordonnnances qu'il leur avoit données, ils lui répondirent qu'ils les observeroient à jamais, si elles étoient équitables, sinon les observeroient seulement jusqu'à ce qu'ils eussent moyen de se délivrer de cette charge.
D'autre part, les circonstances qui y étoient apportées ne serviroient qu'à favoriser les usurpations d'Espagne et leur donner lieu de recommencer et publier qu'ils retiendroient justement ce que les plus grossiers reconnoissent qu'ils envahissent par injustice 2.
1. Le manuscrit A porte : «... pût être de durée, comme répondirent les Scythes à Alexandre qui leur demandoit s'ils garderoient fidèlement... » La leçon que nous donnons est celle du manuscrit B; elle ne figure pas sur le manuscrit A; elle n'est pas non plus le résultat d'une correction effectuée sur le manuscrit B; il est vraisemblable qu'elle a figuré sur un manuscrit intermédiaire entre A et B, que B a copié, manuscrit dont nous avons signalé l'existence probable à l'époque de la rédaction des Mémoires et que nous avons appelé A' (voyez noire article des Rapports et notices, tome II, p. 324-327).
2. Var. : qu'ils envahissent injustement (ms. Français 17542).
Que, bien qu'il soit juste de prendre toutes les sûretés possibles pour obliger les Grisons, qui sont un peuple assez barbare et infidèle, à tenir de bonne foi ce qu'en faveur de la religion ils promettront aux Valtelins, néanmoins, en tant de cas, donner pouvoir au roi d'Espagne d'entrer à main armée en la Valteline, n'étoit autre chose que favoriser le dessein des Espagnols, qui étoit de pouvoir toujours trouver l'occasion de faire leurs affaires sous prétexte de l'avancement ou conservation de la religion, de laquelle néanmoins ils ont peu de souci.
Que, nonobstant toutes ces choses, il se falloit gouverner si dextrement en cette affaire, que, par le refus que S. M. feroit de ce traité, le Pape connût que son intérêt et celui de l'Église étoient les principales considérations qui empéchoient S. M. de l'accepter.
Pour cela, il ne falloit point mettre en avant qu'on trouvoit quelque chose à redire es articles dressés pour la religion, de peur que les Espagnols tournassent à mal la sincérité de notre intention, et, prenant de la main gauche ce que nous donnons de la droite, prissent occasion de nous calomnier et mettre de la division entre nous, le Pape et les catholiques, qui ne considéreroient peut-être pas que nous n'y trouverions rien de mauvais que l'avantage qu'en peuvent prendre les Espagnols, sans que la religion en reçût aucun.
Mais il falloit seulement nous arrêter sur cette raison que nous savions que ce qui fait que le Pape désire la conclusion de ce traité est pour empêcher la rupture ouverte entre ces deux couronnes et que le IV « 14
même désir que le Roi a que l'union y soit entretenue inviolable fait qu'il ne peut accepter ce traité comme il est, vu que les articles en sont tels qu'il est impossible que d'iceux, dans peu de temps, il ne naisse nouveau sujet de division plus grande que ceux qui s'y rencontrent maintenant.
Que cette considération-là seule suffit pour retenir le Roi de recevoir ce traité, qu'il désire tant être conduit à sa fin qu'il le prie d'apporter remède à tous les inconvénients d'icelui.
Qu'en ce qu'il s'arrête à la liberté du passage donnée aux Espagnols, ce n'est pas pour la conséquence d'icelle, ne prévoyant pas qu'il puisse arriver aucune rupture entre l'Espagne et lui, mais pour deux autres raisons : la première, que le roi d'Espagne n'y a plus de prétention, parce qu'au traité de Madrid, tant s'en faut qu'il fît grande instance ni des passages ni de Talliance des Grisons, qu'il aima mieux, pour en exclure les Vénitiens, se priver lui-même de la prétention qu'il en avoit, ainsi qu'il paroit par une promesse du 25® avril 1 621 , qu'il voulut avoir des ambassadeurs extraordinaires et ordinaires du Roi, signée Bassompierre et Rochepot* et ratifiée de S. M., qui porte qu'en exécution dudit traité elle empêchera qu'à l'avenir nul autre qu'elle, sans exception, la puisse obtenir^; la seconde, pour ce que si, entre les particuliers mêmes, le droit veut que, lorsque par voie de
1. Et non pas Rochefort, comme le porte le manuscrit B. Il s'agit ici de Charles d'Angennes, seigneur du Fargis et de la Rochepot.
2. Tout cet alinéa reproduit presque textuellement une note de Richelieu conservée dans le volume 521 du fonds Clairambault (fol. 25) de la Bibliothèque nationale. En marge de cette
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fait, on se met en possession d'une chose où on a même un droit coloré, elle soit remise en l'état qu'elle étoit auparavant qu'on vienne à juger le fond, à plus forte raison se doit-il faire entre les rois, auxquels la réputation est et doit être beaucoup plus chère qu'aux autres.
Que si le Roi se relàchoit en cela, il manqueroit à la protection que ceux qui sont en son alliance attendent de lui et laquelle il leur doit.
Que le roi d'Espagne lui a promis, par le traité de Madrid , le rétablissement des choses contestées en leur premier état ; ce qui fait que, s'il ne lui tenoit, il sembleroit qu'il fit^ moins d'état et de son pouvoir et de son amitié qu'il ne doit par raison.
Qu'outre ces intérêts-là-, celui du roi d'Espagne, puisque sa parole y est engagée, s'y trouve aussi; qu'au reste, pour ce qui est du passage, il doit plus attendre de sa courtoisie que par traité, et qu'il n'y a personne qui veuille être contraint à ce qui dépend de sa pure liberté.
Pour ce qui est du Pape, que S. M. se sent extrêmement obligée à S. S. du soin paternel qu'elle prend en cette occasion, particulièrement de ce qu'elle sait que S. S. a bien jugé qu'accorder le passage n'étoit chose convenable à sa dignité et à sa réputation, en ce qu'il y a trois mois qu'il avoit envoyé une autre capitulation en Espagne, où il n'étoit point inséré. Que S. M. est très fâchée que les Espagnols ne l'accep-
note est le mot : Employé. Cette note a été publiée dans les Maximes d'État, p. 21, comme il a déjà été dit plus haut, p. 204.
1. Var. : qu'il feroit (ras. Français 17542). Le manuscrit B portait, avant la correction faite par Sancy, feroit.