Philippe IV
2. Don Pedro Acuna, Tellez et Giron, duc d'Osuna (1579- 1624), vice-roi de Naples, disgracié en 1620 et emprisonné au château d'Almeida, y mourut en 1624.
3. Rodrigue Calderon, fils d'un pauvre soldat espagnol, s'éleva à de hauts emplois par la faveur du duc de Lerme; disgracié et emprisonné en 1618, il fut décapité en 1621.
4. Ce religieux s'appelait Aliaga et fut renvoyé au couvent de Guete dans la nouvelle Castille.
5. Don Augustin de Fiesque vécut ensuite pendant quelque temps en France et en Angleterre. Il prit part aux guerres contre les calvinistes français et assista aux sièges de Montpellier et de la Rochelle. Il retourna ensuite en Espagne où il occupa de grands emplois.
donnant toutes les charges des exilés^ à ceux qu'il sa voit être leurs ennemis.
Cette persécution n'en demeura pas là; le comte d'Olivarès^, nouveau favori, la poussa jusques au bout, faisant faire le procès et exécuter Galderon, le duc d'Ossone et quelques autres.
Le duc d'Uzède mourut de regret, ce que ne fit pas le duc de Lerme, qui lui manda qu'il avoit ouï-dire qu'il mouroit en fol, puisqu'il mouroit de déplaisir, qu'il lui conseilloit de prendre la patience à laquelle il avoit autrefois obligé les autres; quant à lui, que ses années lui faisoient beaucoup plus de peine que ses ennemis qu'il n'aimoit pas tant qu'il leur voulût donner la consolation de mourir pour le mal qu'ils lui faisoient ^
Ce commencement de faveur et de règne si peu humain, pour ne pas dire si austère et cruel, n'est pas pour attirer beaucoup de bénédictions du ciel sur sa conduite, comme on verra par les années suivantes.
1. Ici, il y a un blanc, sur le manuscrit B, qui n'a pas été comblé. Il est probable que le copiste n'avait pu lire un mot sur le document qu'il transcrivait et avait laissé aux rédacteurs des Mémoires le soin de le déchiffrer; ce travail n'a pas été fait ou le mot jugé inutile.
2. Gaspard de Guzraan, troisième comte d'Olivarès (1587- 1643), premier ministre de Philippe IV, avait été nommé en 1615 gentilhomme de la chambre du futur Philippe IV. 4 son avènement, celui-ci le nomma grand d'Espagne, puis, plus tard, duc de San-Lucar.
3. Voyez pour plus de détails sur la mort de Philippe III et les événements qui suivirent, le Mercure français, t. VII, année 1621, p. 127-172.
Aussitôt que la Reine eut nouvelle de la mort du Connétable, qui arriva le 1 4* décembre de l'année dernière, elle envoya le sieur de Marillac* vers le Roi pour lui témoigner la douleur qu'elle avoit de cette perte, à cause de l'affliction qu'il en recevoit, mais grand contentement de voir qu'il avoit pris les rênes de son État, qui étoit la seule chose qu'elle avoit désiré voir, et de ce qu'il les tenoit si heureusement que la réputation commençoit à s'épandre par toute la France de la prudence avec laquelle il agissoit en son Conseil et force en son armée; qu'elle le conseilloit de continuer pour sa gloire, le bien de son peuple et son contentement particulier, puisqu'elle ne désiroit autre chose que de le voir gouverner ses affaires luimême; qu'elle lui offroit Angers, Chinon et le Pontde-Cé, s'il n'avoit pas de quoi présentement récompenser ceux qui l'avoient dignement servi.
IP lui témoigna qu'il connoissoit bien l'insolence de cet homme^ et le tort qu'il lui taisoit; que, s'il ne fût mort, la patience lui échappoit; qu'il y avoit longtemps qu'il lui tardoit d'être délivré de cette servitude; qu'il la remercioit de la patience qu'elle avoit eue; qu'il n'auroit jamais connétable ni favori; mais que son principal soin seroit de lui faire connoître qu'il l'avoit toujours tendrement aimée.
Ces devoirs si respectueux et rendus à la vue de la