Le connétable de Luynes
cour firent croire à beaucoup de gens qu'elle^ auroit plus de crédit à l'avenir qu'elle n'en avoit eu par le passé, mais, bien que la fin du Connétable eût fait finir le règne d'une malice ouverte, celui de l'artifice ne le fut pas. On tendit toujours aux mêmes fins, mais par diverses voies.
Monsieur le Prince qui, appelé des ministres^, fut trouver le Roi, aussitôt qu'il sut la mort de Luynes, n'oublia pas les inventions que la fertilité de son esprit lui suggéroit^ contre elle. Les ministres pensèrent établir leur affermissement à son préjudice; on vouloit embarquer le Roi dans trois ou quatre sièges, pour empêcher son retour, de crainte que sa vue ne touchât son bon naturel; mais, quelque raison qu'on lui donnât pour l'engager à faire un long séjour en Guyenne, il ne voulut différer davantage le contentement de la voir.
La Reine ayant appris par ses lettres comme, toute affaire cessante, il s'acheminoit à Paris, elle m'envoya le rencontrer à Orléans, le remercier de tant de démonstration de bon naturel qu'il lui rend, l'assurer qu'ainsi qu'il fait paroître n'avoir pas plus grand soin que de se faire voir très bon fils, elle n'en veut avoir aucun autre que de lui complaire et faire connoître à un chacun que jamais passion de mère n'a égalé celle qu'elle a pour lui; qu'elle le prie de continuer à agir