Var. : la conduite du passé (ms. Français
confiance ; leur intérêt, parce que la Reine ne pouvoit être éloignée des Conseils que tout le monde ne crût que le Roi, qui avoit témoigné de bons sentiments pour elle à la mort du Connétable, n'en fût détourné par des personnes* qui, en condamnant publiquement les actions du défunt, suivent cependant sa conduite et se servent en secret des mêmes ai^tifices.
Mais rien ne les peut émouvoir à lui donner un contentement si raisonnable.
Il est vrai qu'ils ne s'y opposoient pas tant par aversion qu'ils eussent contre elle que par la crainte qu'y étant une fois établie elle ne m'y voulût introduire.
Ils connoissoient en moi quelque force de jugement; ils redoutoient mon esprit^, craignant que, si le Roi venoit à prendre quelque connoissance particulière de moi, il me vînt à commettre le principal soin de ses affaires.
A cet effet, ils se servoient de plusieurs personnes qui vomissoient mille calomnies contre moi, afin qu'ayant prévenu le jugement de S. M. par une mauvaise impression qu'on lui donnoit de ma personne, toutes mes actions lui fussent suspectes et odieuses.
Ce qu'ayant appris, et ne désirant pas que l'ombrage qu'on avoit de ma personne portât préjudice à ma maîtresse, je les priai de ne pas faire une offense véritable à la Reine sur un soupçon si léger et si faux, que non seulement je ne prétendois^ pas de m'y faire