Var. : l'avantage des affaires (ras. Français
3. Ces trois mots ont été ajoutés entre les lignes par Sancy, sur le manuscrit B.
tentcmcnt, n'étant pas possible au Roi de la visiter comme il faisoit ici, à cause des grandes et hautes occupations qu'il rencontreroit en ce voyage; que, si elle n'y vouloit pas demeurer, on seroit contraint d'y laisser la Reine sa fille^ avec autorité, commandant aux armées de deçà et en la place ^ qu'on lui avoit destinée.
La Reine lui répondit qu'elle ne prétendoit pas assujétir le Roi à la voir, et quand il ne lui pourroit faire cet honneur, elle l'iroit chercher; que, pour la Reine, elle seroit très aise de son avantage; mais qu'elle» ne croyoit pas qu'on voulût donner conseil au Roi, qui n'avoit point d'enfant, de se priver de sa femme en un si long vovage, vu que de là dépendoit l'affermissement de son autorité; que, pour elle, sachant les divers hasards où le Roi se jetteroit par générosité, elle désiroit, autant que son sexe lui pourroit permettre, d'être compagne de ses travaux; que, n'ayant rien au monde de plus cher que lui, elle vouloit imiter les marchands qui, ayant mis tous leurs' biens sur mer, s'embarquent dans le vaisseau pour que le bien ne leur manque qu'avec la vie; qu'étant avec lui, ou elle le garantiroit du naufrage, ou elle se perdroit avec lui afin de ne pas survivre son malheur.
Cette résolution étonna Monsieur le Prince qui employa tout artifice pour la changer, mais en vain; car, tant plus qu'il travailloit à ses fins, S. M. s'affermissoit au conseil qu'elle avoit pris, pour le bien de l'État et de la maison royale.
Le Roi lui ayant permis, il survint une seconde diffi-