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0. Il mourut à Saintes, où il s'était fait transporter, le 21 juin
mort, les pensées sont bien différentes et éloignées de celles que nous avons en pleine santé, il demanda lors, avec un grand ressentiment de douleur, pardon au duc de Nevers de l'outrage qu'il lui avoit fait, et pria quelqu'un de ceux qui l'assistoient de lui dire de sa part. Mais, pour ce que le prince de Joinville l'avoit accompagné en cette action et qu'il s'en estimoit presque autant offensé que de son frère ^, le Roi^ fit dresser, pour les accorder, un écrit contenant les paroles de satisfaction dont ils dévoient user l'un envers l'autre; ce qui fut exécuté^.
A deux jours de là, qui fut le 21^ mars, S. M., contre l'avis de la Reine sa mère qui désiroit prudemment qu'il se préparât avec plus de loisir, fut emportée par l'impatience qu'avoit Monsieur le Prince de voir les affaires promptement engagées, et^ partit de Paris, plutôt en équipage de chasseur que de conquérant, et non encore résolu de la route qu'il devoit prendre vers le Poitou ou le Languedoc^.
1621, des suites des fatigues qu'il avait endurées au siège de Saint-Jean-d'Angély.
1. Ces deux mots ont été écrits par Sancy sur le manuscrit B, à la place de Vautre.
2. Ces mots ont été mis sur le manuscrit B, de la main de Sancy, au lieu de : « S. M. ne voulut pas que cette querelle durât plus longtemps. »
3. Voyez, sur cet accord, le Mercure français, t. VIII, année 1622, p. 539-542.
4. Les mots qui précèdent, à partir de « S. M. », ont été écrits, en marge du manuscrit B, de la main de Charpentier.
5. Le Mercure français, t. VIII, année 1622, p. 543, donne la date du 20 mars comme celle du départ du Roi; il ajoute : « On pensoit qu'il [le Roi] allât se promener aux Tuileries; mais il passa la Seine au Pré-aux-Clercs et prit le chemin de
Il reçut à Orléans la nouvelle de la reddition du Pouzin^ et de Baye-sur-Baye^, places situées sur le Rhône, qui furent remises en son obéissance, le 17^ mars, par le moyen du maréchal de Lesdiguières, lequel ayant été, comme nous avons dit l'année précédente^, renvoyé de Montauban en Dauphiné, où Montbrun s'étoit soulevé contre le Roi, remit incontinent, par sa présence, toutes choses en paix, et Montbrun en son devoir; mais ces deux places n'étant pas en Dauphiné, mais dans le Vivarois, on ne lui rendit pas semblable obéissance, ce qui l'obligea à assembler une armée de dix mille hommes de pied et quelque cavalerie, avec laquelle il les assiéga et les prit*.
Cette bonne nouvelle, arrivée au Roi au commencement de son voyage, lui sembla être un heureux présage du succès d'icelui.
Étant à Blois, il se résout d'aller en Poitou, et, en partant le 30® mars, il se rend le 10' avril à Nantes, où il ne fut pas si tôt arrivé qu'il eut nouvelle que les troupes de Soubise étoient si fortes que celles du comte de la Rochefoucauld n'étoient pas suffisantes de lui résister^, et qu'elles ne le pouvoient empêcher
Berny, sur lequel Monsieur le Prince l'alla attendre. A ce mot : « le Roi est parti, « toute la cour délogea dès le lendemain pour aller à Orléans, où S. M. arriva le mardi 22 et, sans y retarder, passa à Blois, cependant que ses Gardes françoises et suisses descendoient nuit et jour, sur la Loire, vers Saumur. »