‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 13 sur 200 · Frédéric V · texte numérisé non relu

Frédéric V

2. La traduction de cet édit se trouve dans le Mercure français, année 1620, t. VI, p. 65-86.

3. Dans le manuscrit B ce mot est écrit Mulheis et, dans le Mercure francois, Mulhus. Il s'agit de la ville de Mulhausen en Thuringe.

honneur que pour ce qu'ils ouvroient la porte au Turc, qui, s'il prenoit ce temps, pouvoit envahir l'Allemagne sans résistance; et, particulièrement, mandèrent au Palatin qu'il se souvînt que, contre leur avis, il avoit accepté la couronne, qui n'étoit point vacante, y ayant lors un roi élu et couronné ; ce qui étoit à lui d'autant plus mauvaise grâce, qu'il l'avoit reconnu lui-même pour vrai roi; qu'enfin l'Empereur en viendroit aux remèdes extrètnes qui lui pourroient importer plus qu'il ne pensoit^

Il répondit à ces lettres qu'il avoit procédé avec justice en ce qu'il avoit fait et qu'il se sauroit bien défendre^.

Les princes et États protestants qui en même temps s'étoient assemblés à Ulm répondirent aussi de la même teneur. Ensuite de quoi l'Empereur fit publier des lettres monitoriales ^ contre le prétendu roi de Bohême, lui enjoignant de poser les armes et se départir de toutes prétentions au royaume de Bohême dans le premier jour de juin, ou, s'il ne lefaisoit, S. M. Impériale procéderoit contre lui par la rigueur des ordonnances et constitutions de l'Empire.

Semblables lettres, portant les mêmes menaces, furent expédiées et adressées à tous les princes, seigneurs et États de l'Empire qui suivoient son parti.

Les affaires d'Allemagne étoient en cet état quand

i. Voyez le Mercure français, t. VI, année 1620, p. 101-107.

2. Le Mercure français donne les principaux termes de la réponse de l'Électeur palatin (t. VI, année 1620, p. 111-113), datée du 15 mai.

3. Le Mercure français en donne le texte (t. VI, année 1620, p. 119-125).

nos ambassadeurs partirent, lesquels s'acheminèrent en diligence à Ulm, tandis que l'assemblée des princes protestants s'y tenoit*.

Le duc de Luynes se servit de ce voyage pour représenter à la Reine la glorieuse conduite des affaires du Roi, qui en étoit en telle estime en la chrétienté que, si on savoit qu'il y eût de la mésintelligence entre LL. MM., le blâme en seroit tout entier attribué à la Reine.

Blainville ne manqua pas de le bien faire valoir à son arrivée à Brissac, où il trouva la Reine-, à laquelle il donna une lettre du Roi'^ qui lui mandoit que, le désir qu'il avoit de la voir l'ayant fait acheminer vers elle, il a pris résolution de s'en retourner ainsi qu'elle l'a souhaité; qu'il y séjournera encore attendant sa résolution; que le sieur de Blainville l'assurât de son affection, la priant d'ajouter la même foi à ce qu'il lui dira, tant sur ce sujet que sur autre dont il lui a donné charge de lui parler de sa part, qu'elle feroit à luimême.

Page 1