‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 149 sur 200 · C'est-à-dire : je n'eusse jamais été nommé cardinal · texte numérisé non relu

C'est-à-dire : je n'eusse jamais été nommé cardinal

il en écrivoit quatre pour m'en éloigner; mais que cela ne se faisoit plus de son temps ^. A quoi je répliquai que je tenois à autant de bonheur de ne l'avoir pas été du temps de M. de Luynes, que Je tenois à gloire de l'être maintenant.

Il n'y eut que M. de Puyzieulx à qui un témoignage si glorieux ne plut pas beaucoup. Lui et son père^ n'en pouvoient souffrir les justes louanges, non tant pour la haine du vieil temps comme par la jalousie qu'ils avoient du présent^.

J'ai eu ce malheur que ceux qui ont pu beaucoup dans l'État m'en ont toujours voulu, non pour aucun mal que je leur eusse fait, mais pour le bien qu'on croyoit être en moi.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que la vertu nuit à la fortune et les bonnes qualités tiennent lieu de crimes. On a remarqué de tout temps que, sous de foibles ministres, la trop grande réputation est aussi dangereuse que la mauvaise et que les hommes illustres ont été en pire condition que les coupables; mais, dans mon affliction, j'ai eu ce bonheur que, si mes ennemis m'ont ôté quelquefois des bonnes grâces de mon maître, ils n'ont jamais pu faire qu'il ne m'eût en estime.

Déageant même a confessé que, toutes les fois qu'il avoit été besoin de me mettre en bonne intelligence

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