Le roi d'Angleterre lui accorda, après sa conversion, de
Le Roi étant arrivé à Paris de son voyage de Languedoc le 1 0® de janvier, désirant aifermir la paix en son royaume, envoya promptement des commissaires par toutes les provinces pour rétablir l'exercice de la religion catholique, où il avoit été discontinué par les troubles, et faire jouir aussi ses sujets de la Religion prétendue du privilège de ses édits, afin qu'il n'y eût ni véritable ni supposé sujet de plainte d'aucune part*.
Les Rochelois cependant faisoient de grandes instances au sieur Arnauld-, que le Roi avoit laissé gouverneur du Fort-Louis, qu'il le fît démolir, suivant ce qui avoit été promis par le traité de paix dont ils lui envoyèrent la copie. A quoi il fit des réponses pour gagner temps, et cependant travailloit sans cesse pour se mettre en état de ne pouvoir être forcé. Ils saisirent une de ses barques, pleine de deux mille pieux, qu'il avoit fait faire pour se clore et fortifier; mais, dans huit jours, il eut tant pris de prisonniers et de bestiaux sur eux, qu'il les contraignit de la lui rendre.
riches bénéfices et le nomma doyen de Windsor. Son abjuration n'ayant pas été considérée comme sincère, il fut enfermé au fort Saint-Ange et y mourut.
1. La substance de ce paragraphe se trouve dans le Mercure franrois, t. IX, année 1623, p. 437.
2. Pierre Arnauld, fils d'Antoine Arnauld, seigneur de la Mothe, et d'Anne Forget, mestre de camp général des Carabins de France et mestre de camp du régiment de Champagne, gouverneur du Fort-Louis, mort le 14 septembre 1624.
Enfin, les commissaires^ étant arrivés à la Rochelle, ils^ leur firent de grandes plaintes de son refus, auxquelles il répondit^ qu'il étoit bien raisonnable qu'ils s'acquittassent les premiers de ce à quoi ils étoient obligés et rendissent les vaisseaux de M. de Nevers qu'ils tenoient encore, rappelassent les prêtres qu'ils avoient chassés, ôtassent de dessus leurs murailles les têtes de ceux qu'ils avoient fait exécuter pour être serviteurs du Roi, cessassent de faire un si grand amas de poudre et de toutes munitions de guerre qu'ils faisoient venir de Hollande et de blés qu'ils amassoient dans tout le Poitou, et lors qu'il cesseroit aussi de se fortifier. Ils envoyèrent les uns et les autres vers le Roi, et enfin le courage d'Arnauld prévalut à la foiblesse des ministres qui, de prime abord, lui avoient mandé qu'il fît démolir cette place.
Leur esprit étoit moins attentif au bien de l'État et du service du Roi qu'à la manutention de leur grandeur, et ils ne pensoient pas tant à réprimer les Rochelois qu'à s'entrechasser du Conseil.
Le Ghanceher et M. de Puyzieulx entreprennent de faire éloigner M. de Schônberg. On dit au Roi qu'il ^ tenoit le parti de Monsieur le Prince contre lui-même^,
1. Les sieurs de Guzon et Briet, conseillers d'État, commissaires du Roi en Poitou et Saintonge [Mercure français, t. IX, année 1623, p. 440). Ce paragraphe est d'ailleurs un simple résumé du Mercure français, ibid., p. 438-448.