C'est-à-dire : contre le Roi
qu'il a malversé aux finances, que toutes les dépenses procédoient de son mauvais ménaj^e^ ou de son ignorance en cette charge. On lui promet que, la cause ôtée, l'effet cesseroit; qu'on remettroit même, par le bon ordre qu'on y établiroit, ce qu'il auroit gâté par sa mauvaise conduite. De savoir la vérité de ce qui lui étoit imposé, il est difficile; mais il est vrai qu'on n'a rien vu qui doive faire croire qu'il n'en soit sorti les mains nettes. Il faut être aveuglé de passion ou d'ignorance en ce sujet pour le dire autrement.
Le Roi, ayant cette résolution, vint à la chambre de la Reine avec le Chancelier et Puyzieulx lui en donner avis, lui parlant de ce personnage comme clairement convaincu de crime. Elle connoit assez que c'étoit un artifice^ du Chancelier qui vouloit faire cette action odieuse à son ombre^; mais elle estima qu'il n'en falloit rien témoigner, de peur qu'ils ne persuadassent au Roi (ju'elle ne se vouloit point mêler de ses affaires. Il fut donc arrêté qu'il seroit licencié et que Tronson lui porteroit son billet^.
Ce congé donné ^, le Roi croyoit revoir un âge d'or; mais incontinent les mêmes désordres s'aperçurent : le Chancelier se délibère de ne point faire le métier de surintendant des finances, mais faire une direction nouvelle pour l'administration d'icelles, à laquelle il présideroit.
Le sieur de Schônberg fut d'autant plus surpris