‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 161 sur 200 · Var. : beaucoup en désespérèrent (ms. Français · texte numérisé non relu

Var. : beaucoup en désespérèrent (ms. Français

bllt point à la Rochelle. On va lâchement à la démolition des nouvelles fortifications des villes huguenottes ^ . Les habitants mêmes de Montpellier qui n'ont pas accoutumé d'avoir d'autres lois que leur volonté, ni être forcés à se tenir dans le devoir de la justice, sont las de la garnison qui les y oblige, cherchent^ et croient voir jour et occasion de s'en délivrer ; ils sollicitent, à cet effet, le duc de Rohan de venir dans leur ville vers la fin de février, qui étoit le temps de la création de leurs consuls. M. de Valençay^, qui est gouverneur de la place, l'envoie prier de s'en absenter; à quoi ledit duc de Rohan n'ayant voulu déférer, mais y étant venu, il s'assura de sa personne. Le Roi en est incontinent averti de la part de l'un et de l'autre ; mais, pour ne rien émouvoir, il commanda au sieur de Valençay de le relâcher, avec ordre audit duc de Rohan de se retirer et ne retourner plus en ladite ville sans le commandement ou permission de S. M.'^. Inconti-

1. Les villes auxquelles il est fait allusion ici sont dans l'Ardèche. D'après le Mercure français, t. IX, année 1623, p. 433, seules les fortifications de la ville de Livron furent démolies. Dans quelques autres, comme Montélimar, Die, Nyons et Serres, villes de la Drônie et des Hautes-Alpes, on n'aurait fait que changer les gouverneurs. Cette expédition fut commandée par le maréchal de Bassorapierre. Il rapporte dans ses Mémoires, t. III, p. 157, que seules les villes de Charmes, Soyons et Cornas, dans l'Ardèche (cantons de la Vouîte et de Saint-Péray) , eurent leurs fortifications rasées.

2. Ce mot a été ajouté entre les lignes par Sancy sur le manuscrit B.

3. Jacques d'Etampes, marquis de Valençay (1579-1639); voyez notre tome I, p. 98.

4. Voyez, sur ces incidents, le Mercure français, t. IX, année 1623, p. 434-435.

nent, pour ce que les huguenots en leurs assemblées concernant les règlements de leur discipline se licencioient d'y traiter des affaires politiques au préjudice du repos de l'État, S. M. fît une déclaration le 17^ avril, par laquelle elle défendoit qu'à l'avenir ceux de la Religion prétendue réformée fissent aucune assemblée, sans qu'au préalable S. M. eût commis quelqu'un de ladite religion pour y assister de sa part^

Cependant, le Chancelier et Puyzieulx, qui se gouvernoient à la cour selon leurs passions, ne faisoient les affaires du Roi que par accident et avoient les leurs pour but principal. Sachant qu'un chacun s'en apercevoit et en faisoit plainte, [ils] craignirent qu'on en donnât avis à S. M. et eurent recours à la Reine, la suppliant de témoigner au Roi ([ue ceux qui faisoient le mieux sont le plus souvent sujets aux calomnies; qu'il ne faut pas s'étonner s'il y a licence d'écrire où il y a liberté de faire mal.

La Reine satisfait à leurs prières en la présence du fils^, qui, nonobstant ces bons effets, ne laisse pas de mettre une barre entre le fils et la mère^ et lui^ donner l'endosse des mauvaises affaires en la privant de la communication des bonnes.

1. Cette déclaration, imprimée dans le Mercure françois, t. IX, année 1623, p. 462, portait le titre suivant : Déclaration du Roi par laquelle est pourvu à ce qu'aux assemblées qui seront tenues par ses sujets de la Religion prétendue réformée concernant les règlements de la discipline de leur dite religion, il ne s'y traite et propose autres affaires que celles qui leur sont permises par les édits.

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