Le colonel d'Ornano : voyez notre tome II, p
2. Allusion probable, ou à l'assassinat de Henri III, ou aux bruits d'après lesquels la maison de Guise aurait fait tuer Henri IV par Ravaillac.
moindre naturel que celui d'une mère passionnée pour passer par dessus des difficultés si épineuses.
La Vieuville, qui poursuivoit cette affaire avec beaucoup d'ardeur et peu de raison, dit à la Reine que Madame la Comtesse entreprenoit cette rupture avec tant de violences qu'elle avoit usé de menaces contre M. de Puyzieulx s'il ne portoit le Roi à lui donner contentement. La Reine lui dit que, si cette raison avoit force, il seroit aisé à tout le monde de taire ses affaires, n'y ayant personne qui ne sût faire une bravade; mais que telle procédure étoit tellement préjudiciable à l'État qu'elle diroit hardiment au Roi qu'il y va de sa dignité de ne le point souffrir ; qu'elle aimoit grandement Madame la Comtesse et son fils, mais non point à l'égal de l'intérêt de ses enfants ; qu'ainsi qu'elle seroit très aise de les assister en leurs affaires particulières, ainsi elle protégeroit, en ce qu'elle pourroit, sous l'autorité du Roi, les ministres aux haines et envies qu'ils s'attireroient en donnant de bons conseils.
Il arriva, de toutes ces contestations, que le Roi résolut de ne pas rompre le mariage de Monsieur, mais en différer l'exécution en un temps plus favorable.
Au même temps* qu'on parloit du mariage de Monsieur et de M"^ de Montpensier, la Reine jugea, par la conférence qu'elle eut avec La Vieuville, que le Chancelier avoit dessein de se fortifier de deux créatures dans le Conseil et de s'unir avec les princes. On parloit de donner les galères à M. de Guise, mettre le prince de Joinville^ et Bassompierre au Conseil, lui donner le gouvernement de Picardie, rappeler Mon-