‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 179 sur 200 · Probablement le futur maréchal · texte numérisé non relu

Probablement le futur maréchal

raison, les exemples qu'elle en avoit donnés dévoient avoir levé ces empêchements, mais qu'elle estimoit tant son jugement qu'elle aimoit mieux s'en remettre à ses avis qu'à la coutume.

Le Roi répond qu'il la vouloit traiter, non seulement comme l'avoient été les gouverneurs d'Anjou, mais mieux que les autres, et que, si elle justifioit qu'un seul eût eu cette place dans son gouvernement, qu'il vouloit que ses lettres fussent expédiées en cette teneur.

La Reine lui renvoie l'exempt, se contente de sa bonne volonté sans en vouloir l'effet, le prie de le vouloir dépêcher, de crainte que son séjour ne tarde le bien de son service ^

Il répond absolument qu'il n'en feroit rien, et qu'il le vouloit en la forme qui témoignât la confiance qu'il avoit en elle.

La Reine apprend, sur ces entrefaites, que Puyzieulx avoit envoyé Barat^ vers le Roi sur ce sujet.

Elle envoie Marillac pour découvrir le sujet de sa négociation ; le Roi lui dit qu'on l'embarrassoit sur cette affaire, mais qu'il vouloit que la Reine sa mère eût contentement.

1. Le vas. Français 17542 porte : de crainte que son séjour ne tarde le bien de son service. C'est la bonne leçon, que nous avons adoptée. On lit dans le manuscrit B : secours au lieu de séjour; c'est une erreur du scribe.

2. Premier commis aux Finances, ce Barat avait la confiance de Puyzieulx et, s'il faut en croire Tallemant des Réaux [Historiettes, t. III, p. 109), il aurait indirectement contribué par ses indiscrétions à la disgrâce de Schonberg. Il avait épousé Catherine de Pommeuse, fille d'Etienne Puget, sieur de Pommeuse, trésorier de l'Epargne, et aurait été ruiné par elle.

Gomme il arrive de la chasse, Puyzieulx l'entretint; on est étonné qu'à la sortie de cette conférence, le Roi change de volonté et l'atTaire de visage.

Puyzieulx envoie quérir Bouthillier\ fait mine d'ignorer l'état de cette affaire, lui dit la colère où il avoit trouvé le Roi à son retour.

Bouthillier lui témoigne qu'il n'en peut rien croire, vu la réponse favorable qu'il avoit faite à la Reine sa mère, et par l'exempt et par Marillac : celui-ci réplique, ou qu'ils n'ont pas ouï la réponse du Roi, ou qu'ils ne l'ont pas rapportée fidèlement : arrive Marillac qui lui confirme la vérité et le convainc sur-lechamp.

On reconnoît par là sa mauvaise volonté, de laquelle on étoit déjà plus qu'assuré par deux autres voies : l'une, que le Roi même avoit reconnu à un grand du royaume' qu'ils avoient embarqué la Reine sa mère en cette affaire et qu'ils la traversoient en ce qu'ils pouvoient; l'autre, que le Roi témoigna au P. Séguiran^ être averti que sa mère prenoit part en Saumur pour fortifier Monsieur, son frère.

La Reine, touchée d'une juste colère, dit à Puyzieulx qu'elle trouve sa procédure du tout extraordinaire pour un homme de sa condition, envers elle, et d'un ministre, envers le Roi; ou qu'il falloit qu'il eût dessein de faire paroitre une mauvaise intelligence entre

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