‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 180 sur 200 · Claude Bouthillier, le secrétaire d'Etat · texte numérisé non relu

Claude Bouthillier, le secrétaire d'Etat

2. C'est-à-dire : à savoir que le Roi même avoit reconnu à un grand du royaume qu'ils...

3. Le P. Gaspard de Séguiran, jésuite, avait remplacé le P. Arnoux, comme confesseur du Roi, en novembre 1621. Tl occupa cette fonction jusqu'en décembre 1625, époque à laquelle Richelieu le fit congédier. Le P. Suffren lui succéda.

LL. MM., ce qui n'étoit pas; ou qu'on ne devoit rien espérer du Roi que par lui, et qu'il portoit ses volontés selon ses passions, en quoi^ il avoit peu de prudence; ou bien qu'il la voulut mettre mal avec le Roi, ce qu'elle étoit résolue de ne pas souffrir ; qu'elle ne lui pouvoit dissimuler que, puisqu'elle y étoit engagée, qu'elle auroit du ressentiment de la conduite qu'il prendroit en cette affaire.

J'en parlai, par son commandement, au commandeur de Valençay en mêmes termes.

Deux jours après, la commission fut délivrée à l'enseigne des gardes, conformément à ce que la Reine avoit pu désirer.

Le Roi le fit de très bonne grâce, témoigna joie extrême de l'avoir fait, dit à la Reine qu'il y avoit plusieurs personnes qui disoient d'une façon à l'un et tout le contraire aux autres, qu'il falloit à l'avenir qu'ils s'entreparlassent plus par eux que par autrui.

Sur ce discours, Puyzieulx entra; le Roi, le voyant entrer, dit à la Reine : « Taisons-nous. » Ce qui donne lieu de conjecturer (ju'il étoit de ceux dont il avoit parlé, quoique depuis il lui nomma d'Ocquerre^.

La Reine, ayant été interrompue, aborda le Roi, deux jours après, et lui dit que le sujet de sa douleur avoit été qu'on lui avoit voulu persuader qu'elle

1. Le manuscrit B porte après en quoi le mot ou; c'est une erreur que nous avons corrigée.

2. Le manuscrit B porte Daucaire ; il faut lire vraisemblablement d'Ocquerre. Ce serait alors Nicolas Potier, seigneur d'Ocquerre, président en la Chambre des comptes en juillet 1614, secrétaire d'État le 15 octobre 1622, mort en 1628 au siège de la Rochelle.

cherchoit de l'établissement dans l'État et qu'elle vouloit fortifier M. d'Anjou' de ces places; que, bien qu'à telles inventions il ne fallût répondre que par la punition des auteurs, elle le supplioit pourtant, pour y remédier à l'avenir, qu'il eût agréable qu'elle lui remît l'Anjou et les places qu'elle y tenoit, atin qu'il connût clairement qu'elle n'avoit autre prétention que celle de son cœur.

Elle eût pu ajouter que ceux qui sont^ auprès de lui pourroient bien justifier qu'elle n'avoit pas grande pensée pour M. d'Anjou, vu que Puyzieulx l'avoit plusieurs fois poursuivie d'entreprendre avec lui de faire chasser le Colonel, qui étoit son ennemi irréconciliable, et y mettre M. de Brèves; ce qu'elle n'avoit jamais voulu faire, quoiqu'on l'assurât de l'événement, de crainte que ledit sieur, qui y a voit été autrefois mis de sa main, y étant remis, ne donnât jalousie et lieu de croire qu'elle se voulût fortifier de sa personne.

Le Roi reçut ces offres avec tendresse et n'en voulut pas la démission, l'assurant qu'il ne tenoit rien plus à lui que ce qu'elle avoit entre ses mains. Elle n'est pas si tôt accommodée avec le Roi qu'ils essayent de la brouiller avec la Reine sa fille. Puyzieulx donne au Roi (juelque jalousie de la conduite de la Reine sa femme, lui fait trouver mauvais la liberté que tout le monde prend d'entrer dans sa chambre, qu'il seroit à propos pour son honneur d'en faire la défense et à désirer que la Reine sa mère en voulût porter la parole.

Elle prie le Roi de vouloir terminer cette affaire sans

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