Var. : cette façon d'agir (ms. Français
faix des affaires; que le principal motif de toutes choses étoit les intérêts particuliers, et qu'on laissoit périr tous les publics ; que les affaires périssoient, ou parce que souvent on ne les entendoit pas, d'autres fois on ne les résolvoit pas, ou, étant entendues et résolues, on ne les exécutoit pas ; qu'il falloit que ceux du Conseil fussent gens d'esprit, de résolution et d'exécution tout ensemble ; qu'elle ne se mêloit pas de les nommer, parce que ce seroit le moyen de les exclure; que, depuis qu'elle y étoit entrée, elle avoit toujours reconnu que les conseils avoient suivi les personnes et non pas la nature des choses ; qu'il falloit penser sérieusement dans la Valteline; qu'il ne falloit pas négliger l'offre du pays de Liège, qui, ennuyé des tyrannies d'Espagne, se vouloit donner à la France, ce qui sembleroit réparer l'injure de la Valteline; qu'il falloit se lier plus étroitement que jamais avec les Hollandois, penser au mariage d'Angleterre, à sauver la liberté de la Germanie ; que l'état des affaires du dedans de la France* dépendoit de celui auquel étoient les affaires au dehors, étant certain que nulle guerre civile ne peut subsister sans le secours des étrangers, qui ne s'embarqueront jamais à assister des rebelles contre leur roi, tant qu'il sera en grande réputation parmi eux.
Le lendemain, le sieur de la Vieuville vint retrouver la Reine et lui dire qu'il lui avoit tenu ce langage sur la crainte qu'il avoit que les princes ne fissent quelque brouillerie; que, depuis, il avoit regagné M. de Guise, moyennant la charge de gentilhomme de
1. Var. : que l'état des affaires de la France (ras. Français 17542).
la chambre pour son frère ^; que, cela étant, il falloit laisser les choses à l'accoutumée. Sur ce mot de gentilhomme de la chambre, elle lui dit que le feu Roi avoit pour maxime d'en éloigner les princes, mais y mettoit des gentilshommes exprès, afin d'y être plus libre et les pouvoir casser s'ils ne lui étoient propres, et qu'on les appeloit, pour cet effet, premiers gentilshommes. Il la pria de n'en dire mot au Roi et de ne s'y point opposer.
L'affaire ayant passé au Conseil, le 26^ novembre, contre l'avis du Chancelier et de Puyzieulx, le Roi dit le lendemain à la Reine que Puyzieulx lui étoit venu dire en secret, pour rompre ce coup, qu'il devoit bien se garder de l'acheminer, parce que c'étoit la Reine qui l'entreprenoit et l'avoit promis aux Guisards pour se les acquérir par ce moyen; à quoi iP ajouta que, s'iP eût été bien averti, il auroit su que c'est moi qui vous ai prié d'être de mon avis^. D'où la Reine prit occasion de le faire souvenir quel fondement avoient les mauvais offices qu'on lui rendoit auprès de lui; qu'elle le prioit, par là, de juger de ceux dont la vérité ne lui étoit pas si clairement connue.
Le jour auparavant, Puyzieulx dit au Roi, en présence de la Reine, que le roi d'Espagne avoit envoyé un homme expressément ici pour lui offrir de l'assis-