‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 2 sur 200 · Voyez dans notre tome II, p · texte numérisé non relu

Voyez dans notre tome II, p

du Roi : l'un, de faire transporter à Verdun tous les salpêtres qui sont dans Metz; l'autre, de surseoir la création de la justice qui a accoutumé de se faire tous les ans, dont le gouverneur en est possesseur depuis que Metz est en l'obéissance du Roi^

Elle lui donna ordre aussi de demander l'accomplissement de ce qui lui avoit été promis pour elle et pour les siens, savoir est de tirer assignation^ pour le paiement des garnisons d'Angers, Gliinon et le Pont-de-Gé, sur la généralité de Touraine; de solliciter le paiement des parties dont les sieurs de la Gochère ^ et d'Argouges^ poursuivent les assignations il y a longtemps;

Prier le sieur de Luynes de tenir la parole qu'il lui a donnée de la faire payer des six cent mille livres pour la tirer des dettes qu'elle a été contrainte de faire depuis la sortie de Blois;

De faire mettre sa compagnie de chevau-légers sur pied, selon qu'il l'a promis;

De faire payer les pensions des sieurs du Pont-de- Gourlay, Sardini, Gharmel^et autres;

1. Les quatre alinéas qui précèdent sont tirés d'un « Extrait d'instructions données à M. de Chanteloube », écrit par Charpentier et qui se trouve dans le vol. 773 du fonds France des Affaires étrangères, fol. 1.

2. On lit, à la place de ces mots, sur 1' « Extrait » : « Par autre instruction donnée audit sieur de Chanteloube, qu'il sollicitera M. de Schonberg pour tirer de lui assignation, etc. »

3. Sébastien Bouthillier, prieur de la Cochère, devint évêque d'Aire en 1622; voyez notre tome II, p. 334.

4. Florent d'Argouges, trésorier général de Marie de Médicis, conseiller d'Etat, seigneur de Noyen-sur-Seine.

5. Antoine de Ligny, vicomte du Charmel, conseiller et premier maître d'hôtel de Marie de Médicis, mort en 1630.

De faire donner contentement au sieur de Marillac^ pour sa pension et pour la charge que S. M., étant dans les affaires, lui a donnée pour le bien du service du Roi^.

Le duc de Luynes lui dépêcha le sieur de Brantes, son frère, avec force belles paroles.

La Reine le pria, en partant d'auprès d'elle, qui fut le 26® janvier, de prier son frère de lui donner des effets et non point des paroles, exécuter quelque chose de ce dont elle l'avoit prié par Ghanteloube et dont il lui faisoit espérer l'effet par lui^.

1. Michel de Marillac. seigneur du Fayet (1563-1632), fut conseiller au Parlement en 1586, maître des requêtes en 1595, conseiller d'Etat, surintendant des finances en 1624, garde des sceaux de juin 1626 à novembre 1630, date de sa disgrâce, après laquelle il fut enfermé, pour complot contre l'Etat, aux châteaux de Caen et de Châteaudun.

2. Ces cinq alinéas sont également tirés de 1' « Extrait » des instructions données à Ghanteloube, indiqué plus haut.

3. Une première rédaction, qui a été remplacée dans le manuscrit B par les alinéas qui précèdent, avait été préparée par Charpentier (AfT. étr., France 773, fol. 1 v°j. Elle était ainsi conçue : « Le mémoire des affaires de la Reine, baillé à M. de Brantes le 26 janvier 1620, contient : qu'elle le prie de supplier le Roi de lui accorder une déclaration qui fasse voir que, par celle faite sur la délivrance de Monsieur le Prince, le Roi n'a point entendu donner lieu à aucun d'imputer du blâme à la Reine, ayant satisfaction de la façon avec laquelle elle s'est gouvernée en l'administration de ses affaires;

« De lui faire donner satisfaction touchant le paiement de ce qui lui a été promis, pour raison de quoi il y a trois mois que son trésorier poursuit, et prier M. de Luynes de lui faire donner quelque partie des 600,000 livres qui lui ont été promises sur les deniers extraordinaires ;

a Supplier le Roi que sa compagnie de chevau-légers soit mise sur pied;

Tout cela fut en vain : c'étoit une suite continuelle de tromperies. Enfin, sur la réitération si fréquente des plaintes de la Reine, ils lui dépêchèrent, au nom du Roi, Marossan^ avec une lettre de S. M. du 26" février, par laquelle il lui mande qu'il est fâché d'apprendre que les premières impressions faites en son esprit sur la déclaration de Monsieur le Prince ne soient point encore effacées par les raisons et considérations très fortes qu'il lui a déjà représentées; que, s'il se fût seulement imaginé qu'il y eût eu quelques termes douteux et capables de porter les esprits plus subtils à une interprétation qui lui pût être préjudiciable, il la lui eût plutôt déniée absolument que de lui accorder en laissant quelque sinistre soupçon à la Reine; que, s'il jugeoit que la déclaration qu'elle désire en sa faveur sur celle de Monsieur le Prince lui fût non seulement nécessaire, mais en quelque égard utile, il seroit très prompt à lui octroyer; qu'il n'y a personne au monde qui soit plus intéressé que lui aux actions qui la regardent, ni qui soit plus désireux de les relever avec toute la gloire et tout l'honneur qui lui est

« De permettre que le sieur marquis de la Valette jouisse de son gouvernement de Metz comme il a toujours fait et, par conséquent, lui laisser renouveler la justice ainsi que l'on a accoutumé de faire tous les ans ;

« De prier M. de Luynes de faire payer les personnes qui lui ont été recommandées de la part de la Reine, de leurs pensions, même de faire donner récompense au sieur de Marillac de la charge de laquelle le Roi lui avoit permis de traiter avec le feu sieur comte du Lude. « Voyez aussi Avenel, Lettres,... t. VII, p. 480 et 932.

1. Il a déjà été parlé de ce personnage dans le tome II, p. 387.

dû, mais qu'il la supplie considérer combien elle lui est dommageable : elle exciteroit des pensées qui n'ont à présent aucun objet à s'émouvoir; car toute déclaration publique présuppose une intention douteuse, et par cette voie ce seroit l'approcher plutôt que l'éloigner des mauvais jugements qu'elle veut fuir; la postérité même en conserveroit une mémoire contraire aux intentions du Roi ; que la Reine les a connues ; tout le monde les sait. Et, de plus, il lui envoie encore ces^ lignes de sa main, qui sont les marques les^ plus certaines qu'elle sauroit recevoir de ses sentiments, qui l'assureront, comme il a déjà fait, qu'elle n'est nullement intéressée en ladite déclaration, la suppliant d'avoir ce repos en son esprit^; car, s'ils usent de ce mépris envers la Reine, ils en usent bien encore davantage envers les grands, les princes, les compagnies souveraines, le peuple et tout l'État.

Encore se trouveroit-il quelques méchants devant lesquels ils seroient excusables au mal qu'ils font à la Reine mère, pour ce qu'ils la tiennent irréconciliable avec eux, jugeant de sa colère par la grandeur de leur crime : mais il n'y [a] âme si barbare qui pût approuver le mal qu'ils font à la Reine régnante, divertissant le Roi des familiarités que le mariage apporte avec soi, au grand préjudice de cette couronne. On vit avec tant d'audace avec elle, qu'il n'y a personne qui ne

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