‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 24 sur 200 · Voyez : Harangue à la Reine mère du Roi contre les · texte numérisé non relu

Voyez : Harangue à la Reine mère du Roi contre les

sur la personne du Roi, et comme, en son particulier, elle ne jouissoit pas des honneurs, de la liberté et du ranj^ que sa naissance et les services qu'elle avoit rendus à l'État lui avoient justement acquis ;

Que la difficulté ne gisoit pas à connoître le mal, mais à y trouver un remède moins dangereux que la maladie;

Que ce n'étoit pas assez en une affaire de se proposer une bonne fin, mais qu'il falloit encore ne prendre (|ue des moyens honorables et utiles ;

Qu'il n'y en avoit que deux, qui n'étoient pas seulement différents, mais du tout contraires ; que l'un requéroit sa présence en cour et l'autre son éloignement;

Que le premier consistoit à s'approcher du Roi, parler hautement au connétable et utilement pour le bien de l'État, se déclarer ennemie, non des favoris, mais de leurs actions, dire en toute occasion la vérité, quoiqu'elle fût désagréable, n'épouser aucun intérêt particulier pour soi et représenter au Roi la conduite que son bien et la nécessité de ses affaires l'obligent de tenir.

Le deuxième consistoit à se fortifier d'amis, d'argent et de gens de guerre et demander, après ces précautions, l'éloignement du connétable comme des ennemis de l'État ;

Que le premier lui sembloit d'autant meilleur que l'autre, qu'il ne requéroit autre force que celle du

plaintes de MM. les Princes, faite à S. M. sur les affaires de ce temps, prononcée en présence de toute sa cour par messire A. J. D. P. D. R.y évcque de Luçon, au château d'Angers, le 3 juillet 1620 (opuscule de 12 p. Paris, 1620),

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courage et de l'esprit de S. M. et qu'il étoit capable de produire tout bien par voies justes et légitimes, et incapable de produire du mal;

Qu'à la vérité il y avoit quelque danger en l'événement de ce conseil, mais qu'il sembloit être plus grand pour ses serviteurs, qui pour son bien en prendroient volontiers le péril, que pour elle-même, dont la qualité sembloit la mettre à couvert, étant infaillible que les pierres s'éléveroient pour accabler ceux c[ui voudroient ôter la liberté ou la vie à celle qui l'a si souvent hasardée pour la conserver à l'État.

Pour le deuxième, qu'il y avoit beaucoup d'inconvénients : celui de la guerre, qui est très grand en soi et plus grand en l'esprit des peuples, qui l'ont en telle horreur que, sans examiner qui a le droit, ils veulent autant de mal à ceux qui en sont l'occasion comme s'ils en étoient la cause;

Que Luynes, en sa conduite, a cet avantage d'être à l'ombre de l'autorité royale, qui feroit paroître les armes que ledit connétable prendroit contre là Reine aussi raisonnables qu'elles seroient injustes ;

Que la raison est inutile sans la puissance; que la puissance dépend de trois choses : de deniers, de places et d'hommes.

Pour les deniers, que ce (|ui étoit beaucoup en affaires particulières de voit être estimé pour rien, en considération des frais extraordinaires qu'il faut faire dans une si haute entreprise ;

Pour les places, que toutes étoient bonnes en temps de paix, mais peu en temps de guerre et nulles ^

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