Le, c'est-à-dire le Grand Prieur
4. Au lieu de ces deux derniers paragraphes qui s'écartent complètement du récit des Affaires étrangères, on lit dans France 773, fol. 220 : « Il est véritable qu'il n'y a homme de qualité ni soldat qui n'ait été tenté ou séduit pour prendre les armes. Cela est tout notoire à ladite province. Divers prétextes qu'on avoit pris avoient fait embarquer plusieurs personnes;
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s. M. partit de Rouen le 12^ et apprit que le cardinal de Guise étoit allé trouver la Reine ; le prince de Joinville lui porta cette nouvelle, témoignant en avoir un extrême regret.
Dès que la Reine sut que le cœur avoit manque au duc de Longueville et qu'il n'osoit défendre Rouen, elle se résolut d'écrire au Roi ou pour arrêter le progrès des armes de ses ennemis, ou pour faire voir à tout le monde la justice des siennes.
Deux lettres se dressent par son commandement ; l'une ne contenoit simplement qu'un avis qui ne tendoit pas à la ruine du sieur de Luynes, mais à modérer son pouvoir de telle sorte qu'il ne fût plus si préjudiciable au bien de ce royaume, et n'étoit en effet que pour donner quelque lieu à entrer en traité et accommoder les affaires.
La Reine y représentoit au Roi que, voyant la continuation des désordres de l'État et y prenant intérêt pour l'amour de S. ]\I., comme ayant l'honneur d'être sa mère, elle le supplioit très humblement avoir agréable qu'elle lui représente les moyens qu'elle juge les plus convenables pour y pourvoir ; que, l'origine des maux consistant en ce que le Roi ne les sait pas, elle le suppHoit non seulement de permettre, mais de commander aux grands du royaume, à ses anciens serviteurs et aux communautés, de lui représenter ce qu'ils croient être de son service.
Et, pour ce que les choses ne se peuvent bien faire
la présence du Roi les a fait entièrement cesser. Toute la province confirme que dans huit jours on n'eût osé parler du Roi pour diminuer son autorité ou sa réputation, tant étoient puissants les artifices qu'on y avoit employés. »
que par conseil, elle estime qu'il seroit à propos d'en établir quatre :
Le premier, pour les affaires concernantes l'État et la police de l'ordre ecclésiastique ;
Le second, pour les affaires de la guerre ;
Le troisième, pour celles de la direction et maniement des finances, à condition toutefois que les affaires résolues en ces trois conseils se rapporteront au Roi pour les autoriser ;
Le quatrième, pour les affaires qui concernent les parties.
Et pour ce que ce n'est pas assez d'établir un conseil, si tous les ordres de l'État n'en reçoivent les règlements nécessaires, S. M. sera suppliée d'arrêter en son Conseil que le premier article de l'ordonnance de Blois^ sera observé pour la nomination aux bénéfices, comme aussi les bulles des papes Pie cinquième^ et Sixte cinquième^ sur le sujet des simonies, les réserves et coadjutoreries révoquées et les évèques obligés à la résidence.
Pour la noblesse, qu'il lui plaise la pourvoir des grandes charges de son royaume, la plupart de celles de sa maison, et en ôter la vénalité et les survivances, et faire passer en loi fondamentale que les personnes élevées par la grâce et l'inclination de leurs maîtres, non par leurs mérites et leurs vertus excellentes ou les grands services qu'ils ont rendus, ne pourront
1. Cette ordonnance fut rendue à Blois en mai 1579, à la suite des Etats généraux qui se tinrent dans cette ville du 15 novembre 1576 au début de mars 1577.