Dives, bourg du département du Calvados
2. Le manuscrit B porte en note, à la marge, la phrase suivante : « Dans le Mercure françois et dans le Diaire de M. de BuUion, il est dit qu'il se présenta inopinément au Roi, mais qu'il ne voulut point recevoir sa lettre. « On veut probablement désigner par les mots « le Diaire de M. de BuUion » le récit du voyage du Roi en Normandie, dont nous avons parlé plus haut (p. 52, note 3) comme ayant servi si souvent de source aux Mémoires, et au dos duquel, on se le rappelle, BuUion avait écrit : « Procès-verbal par jour de ce que le Roi a fait à son départ de Paris. » On lit, en effet, dans ce récit (France 773, fol. 221 v°) que Sardini, « le soir qu'il fut arrivé, se présenta inopinément à S. M. ». Les Mémoires n'ont point utilisé ici ce récit qu'il faut peut-être appeler le « Diaire de M. de BuUion », mais un résumé écrit par Charpentier (France 773, fol. 227).
3. Ce paragraphe est assez différent du texte du récit que nous avons cité souvent et que l'on pourrait appeler le « Diaire de M. de BuUion ». On y lit, en effet (France 773, fol. 221), que le Roi refusa de prendre la lettre de sa mère, disant qu' « il y avoit près de la Reine sa mère des personnes de qualité auxquelles la susdite dame Reine pouvoit faire entendre par leur entremise ce qu'elle désiroit pour son contentement ». Et il écrivit aux députés d'Angers « d'assurer la susdite dame Reine qu'il ne manqueroit jamais d'affection en son endroit, nonobstant les prétextes qu'elle laisse prendre aux brouillons de troubler son royaume ».
dressé contre Luynes, il eût eu raison de l'empêcher de se présenter; mais, ayant été assuré de bon lieu que ce qu'il portoit étoit plutôt pour ouvrir une négociation que pour se déclarer irréconciliable, il n'y a personne qui ne juge que son procédé mérite grand blâme.
Sardini ne fut pas plus tôt de retour que l'on apprit que la suite des armes du Roi étoit semblable à leur commencement.
Luynes trouva peu de résistance à Caen, celui qui avoit entrepris de la défendre étant plus accoutumé, comme fils d'un maçon, à ouïr le bruit des marteaux que celui des canons, dont la seule ombre l'étonna de telle sorte qu'il se rendit lâchement le 1 7^ Ce qui fit dire à tout le monde que la prudence ne valoit rien à garder les places, mais que les fous y étoient meilleurs que les prudents*.
La Reine, ayant appris que les troupes du Roi s'avançoient vers le Mans, fut conseillée par ceux qui avoient soin de pourvoir à sa défense de s'avancer à la Flèche, à dessein d'empêcher par bonne mine que les troupes du Roi ne s'avançassent si vite que MM. du Maine et
1. Ce paragraphe est emprunté au résumé du voyage du Roi, dont il est parlé à la fin de la note 2 de la page 65, et qui complète le récit de Bullion (Aff. étr., France 773, fol. 227). On lit dans le Mercure françois. t. VI, p. 315, que l'on disait par moquerie : « Pour bien garder des places à l'avenir, il faut choisir les fols, car les prudents n'y valent rien. » Il faut remarquer que c'est Richelieu qui accuse ainsi Prudent de lâcheté; car le récit du voyage du Roi, déjà cité (France 773, fol. 223 et 224), attribue une tout autre attitude au lieutenant du chevalier de Vendôme; les Mémoires de Fontenay-Mareuil font de même (t. I, p. 472). Pour plus de détails, voyez le Mercure françois, t. VI, p. 300-315.
d'Épernon^ n'eussent pas loisir de venir au secours^.
On croyoit que la démarche qu'elle feroit vers ses ennemis leur ôteroit l'audace que la fuite de ses amis leur avoit donnée; que se tenir à Angers, c'étoit abandonner les villes avancées dans la Normandie et le Maine, ôter^ le moyen au grand nombre des serviteurs qu'elle avoit dans l'une et l'autre province de se rallier à elle et joindre ses forces ; que, si elle battoit une fois la campagne, l'apparence du péril qu'elle chercheroit attireroit promptement ses serviteurs à son secours; au bout du compte, qu'en ce voyage il n'y avoit rien à craindre, parce que, si elle étoit obligée par des raisons pressantes de passer en Poitou, le chemin de la Flèche n'en étoit pas moins facile.
Mais, quoique cette résolution fût très judicieuse, le succès en fut peu favorable. Verneuil, Vendôme et Dreux ne furent pas sitôt sommées que rendues, quoiqu'elles fussent fournies de vivres nécessaires pour leur défense, et que ceux qui y commandoient se fussent fait fort de donner du temps assez pour faire l'accommodement qu'on désiroit à l'avantage de l'État^.
1. On trouve dans Avenel [Lettres du cardinal de Richelieu, t. I, p. 653) une lettre de Richelieu à Louis de Nogaret de la Valette, archevêque de Toulouse, par laquelle il lui demande de venir au secours de la Reine mère. Cette lettre est datée du 2 août 1620. Les Mémoires, en parlant du père de l'archevêque, se sont peut-être trompés.