On lit dans le récit de la main de Charpentier : elle se
MM. de Bellegarde, de Sens^ et président Jeannin la conclurent; car M. de Montbazon n'y étoit plus ; il s'en étoit allé auparavant par une terreur panique qui ne laissoit d'avoir quelque fondement dans l'esprit de M. de Vendôme. Et ainsi il ne restoit que MM. de Bellegarde, de Sens et le président Jeannin qui allèrent conclure la paix^. En quoi il faut dire, à l'honneur du sieur de Luynes, que la façon avec laquelle il se porta en cette action fut du tout dissemblable à luimême, ne se prévalant pas injustement en cette occasion de l'avantage qu'il avoit, ains offrant les mêmes conditions que peu de jours auparavant il avoit faites.
Le cardinal de Sourdis^ et moi fûmes députés pour en aller signer les articles.
Le Roi nous reçut fort bien; grandes caresses de M. de Luynes; Monsieur le Prince, tout de même.
Mais, comme en ces affaires les plus éclaircies, il est difficile qu'il ne se trouve quelque difficulté, quoique nous eussions tout pouvoir, nous estimâmes qu'il n'étoit pas à propos que nous arrêtassions définitivement les articles qui nous furent proposés, mais que nous devions prendre temps de les communiquer à S. M. et à ceux qui étoient auprès d'elle, assurant cependant que ce que nous en faisions n'étoit pas à dessein qu'il en arrivât aucune rupture, mais seule-
résolut de prendre la paix à beaucoup moindres conditions quelle n avoit pu l'obtenir (France 773, fol. 233).
1. Jean Davy du Perron, archevêque de Sens : ci-dessus, p. 50.
2. Le Mercure français mentionne également le P. de Bérulle comme négociateur : t. VI, 1620, p. 337.
3. François dEscoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux : voyez t. I, p. 411.
ment pour n'abuser pas du pouvoir qui nous avoit été donné.
Ces Messieurs jugèrent ce procédé raisonnable, la Reine l'approuva; mais ceux qui étoient auprès d'elle, non encore assurés, nous blâmèrent de grande imprudence.
Ayant rendu compte de tout ce qui s'étoit passé, la Reine arrêta de nous renvoyer le lendemain*.
Nous eûmes charge très expresse de conclure, nonseulement au plus de voix, mais unanimement. Cependant, étant sur les lieux, nous ne jugeâmes pas le devoir faire encore, pour pouvoir emporter plus aisément quelques conditions que nous requérions pour les formes, joint aussi que nous avions reconnu les dispositions telles, qu'il n'y avoit aucun sujet de craindre la rupture. Nous revînmes sans conclure; ce qui fut trouvé fort bon de la Reine, mais non pas de la compagnie*.
Le lendemain, nous retournâmes et conclûmes. Le traité fut signé le 10^ août 3, sans autres conditions