Chef-lieu de canton du département de l'Ardèche
4. Bourg du département de l'Ardèche, à cinq kilomètres de Privas.
\n MÉMOIRES [1621]
ayant été assignée pour le département du régiment de Mazargues, son frère \ refusèrent de le recevoir-. Le duc de Montmorency y tourne tète, l'assiège et la prend. A cette nouvelle, le cercle envoie des gens de guerre à Vallon, [qui] en chassent l'exempt au préjudice de l'autorité du Roi et y établissent garnison. Le duc de Montmorency le reprit; mais ceux de Privas, dont Brison^ étoit gouverneur, avec douze cents hommes de garnison, faisoient plusieurs courses et prises sur les sujets du Roi d'alentour, assistés et encouragés par l'assemblée c|ui se tint au même temps au Pouzin*, en laquelle ils nommèrent Blacons^
1. Ce régiment avait pour chef Henri-François-Alphonse d'Ornano, seigneur de Mazargues, second fils du maréchal Alphonse d'Ornano (mort en 1610).
2. Cette phrase peu claire a le sens suivant : à peine M. de Montmorency eut-il le dos tourné que les huguenots ds Vais refusèrent de recevoir M. de Montmajour, frère du colonel d'Ornano, qui avait mission de faire entrer dans la ville le régiment de Mazargues, appartenant à M. de Mazargues, lui aussi frère du colonel d'Ornano. L'incident est raconté dans le Mercure français, t. VII, année 1621, p. 197. — Joseph-Charles d'Ornano, abbé de Montmajour-les-Arles (1592-1670), avait quitté l'état ecclésiastique pour être maître de la garde-robe de Gaston d'Orléans.
3. Joachim de Beauvoir du Roure de Beaumont (1577-1628), seigneur de Brison, connu sous le nom de brave Brison; \oyez t. I, p. 403.
4. Le Pouzin, petite localité du département de l'Ardèche, sur le Rhône, où se tint, en 1621, une assemblée de huguenots sous la présidence de Blacons.
5. Alexandre de Forest-Mirabel, seigneur de Blacons, succéda à son père dans le gouvernement d'Orange, sous le règne de Henri IV. Dépossédé de cette charge en 1605, il se mit, en 1621, à la tête des protestants du Vivarais; défait par les troupes royales, il fit sa soumission en 1622.
gouverneur du Vivarais et Brison son lieutenant ^ En Béarn, ils ne faisoient pas mieux; mais ils trouvèrent M. de Poyanne en tête, qui empêcha l'effet de tous leurs desseins.
Le Roi n'en fut pas plus tôt parti qu'ils commencèrent à découvrir la désobéissance qu'ils convoient en leur esprit. Ils refusèrent à Pau de délivrer les canons que le Roi avoit commandé qu'on menât à Navarrenx, et travaillèrent à de nouvelles fortifications en leur ville. Ils reçurent garnison en la ^ille d'Orthez, mais refusèrent de lui ouvrir le château.
L'entreprise de Navarrenx, qui leur réussit fort mal, comme nous avons dit, suivit incontinent après, et tout cela fut couronné par l'inexécution de l'arrêt du conseil du Roi sur le rétablissement des églises et par l'imposition et levée des deniers qu'ils firent sans la permission du Roi. Ils firent aussi une assemblée en la ville de Pau, en laquelle le capitaine Benzin"^, qui avoit fait l'entreprise sur Navarrenx, fut bien reçu, et particulièrement de M. de la Force, et reçut deux commissions secrètes de se jeter dedans les tours de Montgiscard près le pont de Bérenx^, sur la fin de février. Ces tours sont en une situation inaccessible, les murailles bien terrassées, et toute la place environnée de grands fossés, et étoit en un heu important,
1. Voyez pour ce paragraphe le Mercure français, t. VII, année 1621, p. 196-202.
2. Le capitaine Benzin, sieur de la Cadée, neveu du sieur de Salles, fut tué, ainsi que Maisonneuve, Lentillac et Casenave, en mai 1621, dans un guet-apens dressé par Miossens.
3. Bérenx, sur le gave de Pau, à quelques kilomètres d'Orthez.
Wi MÉMOIRES [1621]
comme étant située entre Navarrenx et Acqs*, et en lieu qui empêchoit à M. de Poyanne l'assistance qu'il pou voit recevoir de son gouvernement des Lannes^. Il n'y fut pas plus tôt qu'il commença bientôt à faire voir qu'il y étoit à dessein de commencer la noise, faisant arrêter, le T' mars, l'abbé de Cagnote^ et un gendarme dudit sieur de Poyanne^, en passant sur le pont de Bérenx pour aller à Navarrenx. Le sieur de Poyanne en avertit M. de la Force, et que l'autorité du Roi y étoit offensée^. Ledit sieur lui répond force compliments et qu'il se remettoit à ce que ledit sieur de Poyanne en feroit, estimant qu'il n'auroit pas moyen de les dénicher de là. Ledit sieur de Poyanne, ayant oui cette réponse, assemble ce qu'il put de ses amis et de gens de guerre cibles va, le 5® mars, investir après l'avoir premièrement fait semondre de sortir de la place. A quoi il fait réponse qu'il y étoit de la part de l'assemblée de Pau et (ju'il n'en sortiroit point que par son commandement.
L'assemblée, ayant nouvelle que le sieur de Poyanne y alloit si vite et avec tant de courage qu'il forceroit
1. Appelée maintenant Dax, chef-lieu d'arrondissement des Landes.