‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 94 sur 200 · Le parlement de Toulouse · texte numérisé non relu

Le parlement de Toulouse

2. Le Mercure françois, t. VII, année 1621, p. 896, rapporte que le premier président de Bertier fit en effet une harangue au Roi, mais il ne donne pas les paroles qui furent prononcées.

Se voyant décrédité parmi les gens de guerre, en mépris dans les corps et en haine parmi les peuples, il se résolut de faire un nouveau siège, espérant par là effacer la mémoire des choses passées, éluder la honte du dernier par la gloire d'une nouvelle prise.

Le château de Monheurt, proche de Toulouse, qui, après la mort de Boësse, s'étoit ouvertement révolté contre le Roi, fut jugé par lui être une place qui ne feroit pas beaucoup de résistance et la prise de laquelle donneroit contentement à la ville de Toulouse.

Le maréchal de Roquelaure* eut ordre de l'aller investir, et S. M., après avoir demeuré peu de jours dans Toulouse, s'y achemina, y laissant le P. Arnoux pour les gages, qui, quelque résolution qu'un homme de sa profession dût avoir, se trouva surpris et étonné en cette rencontre.

Il y avoit quelque temps que lui ^ et le sieur de Puyzieulx, par accord, ou rendoient de mauvais offices au Connétable envers le Roi ou en faisoient de bons à l'État, faisant connoitre au Roi son incapacité à son service, le peu de droiture de son intention, qui n'alloit qu'à sa propre grandeur, le mauvais emploi de ses finances et le désordre universel en tout son royaume, qui donnoit un mécontentement commun à tous. IP prenoit le temps de la messe du Roi où, faisant semblant de lui parler de dévotion, il l'entretenoit de ces choses;

1. Antoine de Roquelaure (1544-1625), maréchal de France en 1615, avait été maître de la garde-robe du Roi en 1589, sénéchal et gouverneur de Rouergue et de Fois et lieutenant général de la Haute-Auvergne et de la Guyenne en février 1610.

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