‹ MémoiresChapitre 110 sur 172 · Voyez ci-dessus, p. 93 et suivantes · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p. 93 et suivantes

François, qu'on eût recours aux étrangers pour maintenir l'autorité du Roi, et qu'il étoit temps à ces fins de se servir des Espagnols, qui seroient bien aises en cela de nous faire ressentir un effet avantageux de l'alliance de ces deux couronnes, je lui répondis qu'il se falloit bien donner de garde de se servir de cet expédient, qui le rendroit odieux à tous les François, qui prendroient ce prétexte pour dire qu'étant étranger il en voudroit introduire en France pour se rendre maître de l'autorité et de la personne du Roi; que les bons François étoient en assez bon nombre pour résister à ceux qui s'étoient éloignés de leur devoir; qu'au reste tous les secours d'Espagne étoient toujours plus en apparence qu'en eîîet, ce qui faisoit que, outre qu'il n'étoit point nécessaire et qu'il n' étoit pas à propos pour s'en servir, quand on le feroit, on n'en tireroit pas grand fruit?

Le sieur Servin ^ , animé de la passion du temps et de ce que je n'avois pu satisfaire à quelques intérêts qu'il avoit prétendus pendant que j'étois au maniement des affaires, n'oublia rien de ce qu'il put pour faire prendre cette lettre et quelques autres en mauvais sens. Mais l'équité de Messieurs de la cour, qui trouvèrent fort mauvais qu'il requît, en ces occasions, un ajournement personnel contre moi, et qui se moquèrent- de ses conclusions, me fut un authentique témoignage de l'approbation qu'ils voulurent donner à ma conduite. Qui ne sait la querelle que j'eus avec lui, pour le

1. Louis Servin, conseiller d'État, fut avocat général au parlement de Paris de 1589 à sa mort, en 1626.

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