Ci-après, p
damner un innocent, comme celui-ci de qui il s'agit. J'ai ouï quelques opinions qui vont au bannissement; s'il y en a quelqu'une plus douce, je prie le conseil de me le dire, afin que j'en sois. » Et à l'heure même quasi tous les jeunes conseillers furent d'avis de son bannissement. Tous les présidents, hormis le sieur de Bercy ^, et quasi tous les anciens conseillers à qui on avoit parlé et que l'on avoit mandés au Louvre pour cet effet, se portèrent à la passion de ses ennemis.
Par le même arrêt, qui fut du 30® août, Bournonville fut condamné, comme criminel de lèse-majesté, à avoir la tête tranchée ; Persan et M"® du Tillet à s'abstenir de la suite de la cour et de la prévôté de Paris pour l'espace de cinq ans. On bannit hors du royaume, pour le même temps, le sieur de la Ferté et un des serviteurs de Barbin^, l'autre étant renvoyé absous^, et le sergent de la Bastille^, qui avoit servi Barbin à faire porter ses lettres, fut condamné à être pendu ^. Ils ne tirèrent cet arrêt à conséquence que pour Barbin, faisant donner grâces aux autres, d'autant qu'ils avoient ce qu'ils vouloient, qui étoit la Bastille, la
1. Charles Malon, sieur de Bercy (1568-1638), conseiller à la cour des aides de Paris en 1595, conseiller au Parlement en 1598, maître des requêtes en 1608, puis président au Grand Conseil en 1610, conseiller d'Etat en 1613 et conseiller au conseil des finances en 1635.