‹ MémoiresChapitre 133 sur 172 · L'évasion eut lieu dans la nuit du 21 au 22 février · texte numérisé non relu

L'évasion eut lieu dans la nuit du 21 au 22 février

4. Ces exempts s'appelaient La Masure et Merçay et la femme de chambre la « signora » Catherine [Mémoires de Fontenay- Mareuil, p. 435).

5. Montrichard, chef-lieu de canton du département du Loir-et-Cher.

6. Voyez le Mercure françois, t. V, année 1619, p. 136 et 137.

duc d'Épernon, par lesquelles il sut son partement de Metz, ne tarda guère à recevoir celles que la Reine lui écrivit de Loches, par lesquelles il apprit la sortie de S. M. hors de Blois; ce qui lui fut une nouvelle qui tempéra bien la joie qu'il recevoit du mariage du prince de Piémont, qui avoit été accompli le 1 0® février avec Madame Chrétienne ^ et lequel il avoit traité sans en donner aucune part à la Reine-mère, espérant par cette alliance se fortifier contre elle^.

La lettre^ que la Reine écrivit au Roi étoit datée de Loches du 23 février, par laquelle elle lui représentoit premièrement la nécessité qui l'avoit obligée à ce qu'elle avoit fait, laquelle elle disoit être la longue oppression de son honneur et de sa liberté, et la raisonnable appréhension de sa vie, mais plus que tout encore la mauvaise conduite de ses affaires, et le péril auquel se retrouvoit son État, dont elle le vouloit informer, se mettant premièrement en lieu sûr afin d'en avoir plus de liberté, le péril étant si présent que le délai eût apporté de l'impossibilité aux remèdes qui étoient encore lors sûrs et honorables. En quoi elle avoit choisi le duc d'Épernon pour l'assister, suivant ce que le feu Roi sur ses derniers jours lui avoit commandé, de se confier entièrement en sa probité

1. Christine de France (tome I, p. 6) épousa à Paris, le 10 février 1619, Victoi'-âmédée, prince de Piémont.

2. Le Roi apprit d'un gentilhomme, le 23 février, alors qu'il était à la chasse près de Saint-Germain-en-Laye, la nouvelle de la fuite de la Reine mère hors de Blois [Mercure français, t. V, année 1619, p. 136).

3. Cette lettre a été imprimée dans le Mercure françois, t. V, année 1619, p. 137; ce paragraphe en est le résumé.

ès plus importantes affaires; suppliant S. M. de lui prescrire le moyen et la forme qu'il lui plaît qu'elle tienne pour l'informer des choses dont elle a à l'avertir; ce qu'elle veut faire sans haine et sans ambition, protestant ne vouloir prendre aucune part au gouvernement, auquel elle a éprouvé trop de péril et de déplaisir, lorsqu'en son bas âge elle s'en est mêlée selon l'obligation qu'elle y avoit, et n'en désiroit aucune autre que la gloire de le bien voir gouverner son royaume par lui-même et entendre un chacun, content de son règne, louer ses vertus en tel lieu qu'il voudra qu'elle achève ses jours.

Elle en écrivit une autre à peu près de pareil style au prince de Piémont*.

Le^ duc de Luynes et ses adhérents surent par ces lettres la sortie de la Reine avec un grand étonnement, sur les divers avis que l'on leur avoit donnés de ce dont ils virent l'événement^.

Ils avoient pris résolution, à ce que le duc de Ghaulnes^ m'a dit plusieurs fois depuis, de mener le Roi à Blois, sous prétexte de visiter la Reine, pour en effet la mener honnêtement au château d'Amboise, où

1. Le texte de cette lettre se trouve dans le Mercure françois, p. 144. Elle portait également la date du 23 février. Le prince de Piémont était resté à Paris depuis son mariage.

2. Ici commence un troisième emprunt fait au document écrit par Cherré (AfF. étr., France 772, fol. 247).

3. Déageant se vante en ses Mémoires (p. 188) d'avoir averti Luynes, dix jours avant l'événement, du prochain départ de la Reine mère de Blois. Mais Luynes méprisa cet avis, « disant que c'étoil une vision et une chimère ».

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