‹ MémoiresChapitre 134 sur 172 · Frère de M. de Luynes : tome I, p · texte numérisé non relu

Frère de M. de Luynes : tome I, p

il étoit arrêté qu'elle demeureroit à l'avenir, sous bonne et sûre garde, ou l'envoyer à Moulins s'ils n'eussent pu se garantir des jalousies que Loches et l'Angoumois leur donnoient, quelque soin qu'ils pussent avoir de sa personne.

La Reine ne fut pas si tôt^ sortie de Blois que le conseil du Roi, étonné^, ne songeât à tous les expédients par lesquels ils pourroient se garantir de l'orage qu'ils prévoyoient devoir être beaucoup plus grand qu'il ne fut pas. Dès lors, les favoris commencèrent à jeter feu et flamme contre Ruccellaï, qu'ils estimèrent auteur de la négociation qui avoit produit la délivrance de la Reine 2, envoyèrent, sous le nom du Roi, par toutes les provinces, commander aux gouverneurs et aux villes de se tenir sur leurs gardes, donnèrent force commissions pour lever des gens de guerre et se résolurent de terminer cette affaire par la voie des armes.

Le Roi, cependant, pour découvrir les sentiments du duc de Bouillon et l'obliger en quelque façon, lui écrivit pour lui demander son conseil en cette occurrence, lequel, avec dextérité, il lui donna^ d'assoupir ce mécontentement par remèdes doux et bénins, et ne troubler la paix de son royaume en un temps où elle étoit si bien établie et si chérie de ses sujets,

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