‹ MémoiresChapitre 138 sur 172 · Déageant prétend avoir été en cette circonstance l'objet · texte numérisé non relu

Déageant prétend avoir été en cette circonstance l'objet

vés, firent en sorte que tous, d'un commun accord, estimèrent qu'un des meilleurs moyens que le Roi pourroit pratiquer, ce seroit de m'envoyer vers S. M. pour adoucir son esprit et la retirer des violences où ils craignoientque celui de Ruccellaï et quelques autres ne la portassent.

Cet avis étant goûté du sieur de Luynes et de S. M., le sieur du Tremblay ' me fut dépêché avec ordre de Sadite Majesté d'aller trouver la Reine, sur l'assurance qu'elle prenoit qu'en la servant fidèlement je ne lui voudrois pas donner aucun conseil contre le bien public et son service particulier.

Aussitôt que j'eus reçu la dépêche de S. M., bien que le temps fût extraordinairement mauvais, que les neiges fussent grandes et le h^oid extrême, je partis en poste d'Avignon, pour obéir à ce qui m'étoit prescrit et à ce à quoi j'étois porté par mon inclination et mon devoir. Mais ma diligence fut bientôt interrompue, en ce qu'étant auprès de Vienne je trouvai dans un petit bois trente gardes du sieur d'Alincourt^, conduits par son capitaine des gardes, qui vinrent^ à moi les armes basses et me dirent avoir commandement de m' arrêter. Je priai ce capitaine de me faire voir le pouvoir qu'il en avoit, ce dont il se trouva

de la confiance particulière du Roi, qui l'aurait chargé seul de rédiger la lettre rappelant Richelieu de son exil d'Avignon, et qui fut confiée à du Tremblay [Mémoires de Déageant, p. 209). D'après le Journal d'Arnauld d'Andilly, p. 408, Luynes écrivit la lettre et le Roi y ajouta quelques lignes de sa main.

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