Louis de Nogaret : ci-dessus, p
2. Richelieu arriva à Angoulême le 27 mars (Avenel, t. I, p. 584). Voici ce qu'en dit Fontenay-Mareuil [Mémoires, p. 442) : « Monsieur de Luçon fut si heureux que tout ce qu'on avoit fait contre lui auprès de M. de Luynes ayant retardé de quelques jours son voyage, le fitjustement arriver quand les choses étoient à la dernière extrémité, la Reine ne sachant plus que faire, ni entre les bras de qui se jeter, craignant également de dépendre de M. d'Epernon à cause de son humeur fière et mal propre pour vivre avec les dames, et de M. de Ruccellaï, dont elle connoissoit les défauts et qu'il n'étoit pas bon pour gouverner, comme en effet un étranger, quel qu'il soit, ne le peut jamais être; de sorte qu'elle reçut Monsieur de Luçon comme un envoyé du ciel, lui donna dès le premier jour tout pouvoir dans ses affaires et n'eut plus de confiance qu'en lui. Etant donc entré de cette sorte auprès de la Reine mère, il avoit l'esprit si élevé pai'-dessus tout ce qu'il y trouva que rien ne lui fît obstacle. »
3. Antoinette de Pons, marquise de Guercheville par sa mère, fille d'Antoine de Pons, comte de Marennes, était dame d'honneur de la Reine mère. Elle épousa d'abord Henri de Silly, comte de la Rocheguyon, puis Charles du Plessis, seigneur de Liancourt, premier écuyer de Henri IV; elle mourut le 16 janvier 1632. Lorsqu'elle épousa M. de Liancourt en 1594, au fort de la liaison de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, qui s'appelait alors M""' de Liancourt, elle stipula qu'elle ne porterait jamais le nom de son mari pour ne pas être confondue
D'abord je trouvai la Reine en conseil, où, bien qu'elle sût que je fusse en sa chambre, elle étoit tellement obsédée des esprits qui étoient lors auprès d'elle, qu'elle n'osa me faire entrer. Ces Messieurs enfin avertirent la Reine de mon arrivée, qu'elle savoit mieux qu'eux, lui donnèrent avis que j'étois venu par l'ordre du Roi, sur des lettres du sieur de Luynes; ce qu'elle n'ignoroit pas aussi, vu que le sieur Boutliillier^ étoit parti de Paris pour la venir trouver, au même temps que les ordres du Roi me furent envoyés par le sieur du Tremblay, pour lui rendre compte de tout ce qui s'étoit passé. Ils tâchèrent de^ découvrir en quel état j'étois en l'esprit de S. M., mais sans effet, sachant parfaitement dissimuler quand elle croit qu'il y va de son service.
La retenue avec laquelle elle agissoit sur mon sujet, leur faisant croire que je n'avois pas grande part en sa bienveillance, leur donna l'audace de lui dire qu'elle devoit se garder de moi : ce qu'elle écouta sans les croire. Ils ajoutèrent qu'il seroit très dangereux que j'entrasse dans son conseil présentement, parce que, s'il s'y faisoit quelque accommodement, ceux de la cour croiroient que j'en serois auteur.
A cette proposition, S. M. témoigna de la répugnance, jusqu'à ce que, m'ayant fait l'honneur de me dire tout ce qui s'étoit passé, je la suppliai de leur dire le lendemain qu'en me demandant la façon avec
avec la maîtresse du Roi et qu'elle ne serait nommée que M""^ de Guercheville.