L'abbé de la Cochère (ci-dessus, p
2. Ils tâchèrent par toutes voies de découvrir, d'après le document de la main de Cherré.
laquelle je désirois la servir, je lui avois témoigné que je n'avois autre volonté que les siennes, mais [que] , si elle me permettoit de lui dire mes pensées, je ne devois point me mêler des affaires qui étoient lors sur le tapis, parce qu'il étoit raisonnable que ceux qui les avoient commencées les missent en leur perfection.
Aussitôt que cette cabale entendit cette réponse, jamais gens ne furent si étonnés. Après avoir tenu conseil entre eux, ils dirent à la Reine qu'il paroissoit bien que j'avois mauvaise opinion de ses affaires, puisque je n'avois pas désir d'entrer dans leurs conseils. S. M. repartit 1 qu'ils se trompoient, que je ferois volontiers ce qu'elle désireroit, mais qu'elle avoit connu que je ne voulois donner ombrage à personne. Lors ils supplièrent la Reine de me donner le lendemain entrée en son conseil et me commander de dire mon avis sur les affaires ; ils estimoient que la crainte de lacourm'empêcheroit de parler hardiment à l'avantage de la Reine et qu'ainsi ils me décréditeroient d'auprès d'elle^.
La Reine m'ayant fait l'honneur de m'avertir du changement de leur désir, je résolus avec elle de suivre le lendemain leur intention. Je parle ainsi, parce que, comme lors j'avois l'honneur de servir la Reine en ses affaires, elle prenoit telle part en mes intérêts qu'elle trouvoit bon de m'y donner conseil.
Le lendemain, l'heure du conseil étant venue, j'y entrai comme les autres et, pour montrer ma modestie, je faisois état d'y parler fort peu. Enfin, ces Mes-
1. Le document écrit par Cherré donne la vraie leçon : d'entrer dans ses conseils. Sa Majesté leur repartit.