Cette dernière phrase est le résumé de la lettre adressée
Cette réponse est non seulement jugée équitable, mais louée d'un chacun. Le sieur de Luyneslui témoigne l'extrême contentement qu'il a d'avoir reçu par M. de Montbazon nouvelles assurances de la confiance qu'elle veut avoir en lui et de l'honneur qu'elle lui fait de prendre créance aux protestations qu'il lui a faites de la servir, la joie que lui apporte la résolution qu'elle a prise d'aller à la cour sur la parole qu'il lui a donnée qu'elle y recevi^a toute satisfaction ; qu'outre l'aise du Roi et le bien général, il y considère encore le sien particulier, en l'honneur qu'il se promet de la bienveillance de S. M. et en celui qu'il aura de la servir fidèlement, ce (ju'il fera en l'exécution de ce qui lui a été promis par l'intervention de MM. le cardinal de la Rochefoucauld et de Béthune touchant le bon traitement de ceux qui l'ont servie en ces dernières occasions; la libre disposition de sa maison et de sa demeure qui lui sera conservée, sachant si bien les intentions du Roi qu'il ne craint point de l'assurer, au péril de son honneur, de tout ce que dessus; et que, tant au voyage qu'elle vient faire à la cour qu'aux autres qu'elle y pourra faire à l'avenir, elle n'y demeurera que tant et si peu qu'elle voudra ; qu'il lui en donne sa parole, comme aussi de la servir en toute autre occurrence; qu'elle n'appréhende point, comme M. de Montbazon lui a dit qu'elle faisoit, qu'on lui
par la Reine mère au Roi et qu'Avenel considérait comme ayant été rédigée par Richelieu (t. VII, p. 468). Elle n'est aussi que la copie textuelle d'un passage de 1' « Extrait » de Charpentier, que Sancy avait corrigé au point de vue du style. On retrouve en marge et dans le corps du texte les signes graphiques habituels.
puisse rendre de mauvais offices auprès du Roi, lui jurant que, si quelqu'un lui fait quelque mauvais rapport, il en avérera la fausseté avec elle^
Et, afin de lui faire avoir davantage de foi à ses paroles, il lui fait confirmer par le P. Arnoux tout ce qu'il lui avoit mandé ^ et la convier efficacement d'aller à la cour, l'assurant qu'elle y recevra tout contentement et^ qu'il lui donne d'autant plus volontiers
1. Ce paragraphe est tiré d'une suite d'analyses de lettres, écrite par Charpentier, et au dos de laquelle Sancy a mis : « Extrait des lettres du connétable de Luynes et sieur Arnoux à la Reine. 1619. Pour la feuille troisième. 1619. » La première fois que Sancy avait eu à écrire 1619 il s'était trompé et avait mis 1631. On peut supposer que cette étourderie était due à ce fait qu'il travaillait, en 1631, à la rédaction de l'année 1619, ce qui concorderait avec des remarques faites précédemment à diverses reprises. Cet « Extrait » de lettres a été utilisé pour les Mémoires; on y trouve, d'ailleurs, les renvois et signes graphiques habituels (A£P. étr., France 771, fol. 318). La lettre de Luynes est du 16 août 1619. On en trouve une copie dans le volume France 772, fol. 114.
2. Richelieu lui-même, sans l'avouer ici, avait, d'accord avec M. de Luynes, envoyé la substance de la lettre que le P. Arnoux devait écrire à la Reine mère. Avenel a publié (tome VII, p. 468-469) ce canevas (qui se trouve dans le volume France 772, fol. 199) sous le titre : Points de la lettre du P. Arnoux à la Reine. L'original de la lettre est dans le même volume, fol. 121; il est daté du Plessis-les-ïours, le 22 août 1619. Sancy a griffonné au dos : « Veu ».
3. Le mot et a été ajouté par Sancy; il sert de liaison avec la phrase précédente, qui, primitivement, sur le manuscrit B, se trouvait suivie de trois paragraphes, biffés ensuite par Sancy. Les voici : « Qu'il répond que M. d'Épernon et ceux qui l'ont servie en ces dernières occasions seront très bien traités; que la libre disposition de sa maison et de sa demeure lui sera conservée inviolablement et qu'elle ne sera à la cour
cette assurance qu'il reconnoît qu'on ne sauroit manquer à ce qui lui a été promis en tout cela, et à ce qu'elle désire, sans un notable préjudice de conscience, et engage sa foi, son honneur et son âme, qu'en cela et en toute autre chose elle aura contentement * .
Enfin, ils s'obligèrent à toutes ces choses par toutes sortes de serments et le donnèrent même par écrit-. Sur cela, la Reine leur promet son amitié inviolable; elle dépose cette parole entre les mains de M. de Montbazon .
On ne laisse pas, nonobstant tout cela, de traiter pour surprendre les places qui sont en la puissance des serviteurs de la Reine. On voit à Metz du jour pour en chasser le marquis de la Valette par la mauvaise volonté des habitants, qui ont bien le courage d'oser entreprendre de se rendre maîtres de lui. On
que tant et si peu que bon lui semblera; qu'elle ne doit point appréhender qu'on prenne des jalousies et des ombrages d'elle et que les calomnies lui puissent nuire. » Ces paragraphes faisaient partie de 1' « Extrait » écrit par Charpentier et cité à la page précédente (France 771, fol. 318). Us figurent à peu près dans les mêmes termes dans le canevas publié par Avenel.
1. La lettre du P. Arnoux, résumée dans ces quelques lignes, a deux pages et demie. Elle diffère sensiblement, tant au point de vue du style qu'au point de vue de la précision plus grande des idées, et du canevas intitulé Points de la lettre du P. Arnoux à la Reine ^ publié par Avenel, et de 1' « Extrait » dû à Charpentier. Ce paragraphe est la copie presque textuelle d'un passage de cet « Extrait » de Charpentier.
2. Il y a en effet dans le volume France 772, fol. 115, une promesse au nom du Roi, signée du duc de Montbazon, d'exécuter ce qui a été accordé à la Reine mère. Cette pièce porte au dos le mot « Employé », de la main de Sancy.
agrée leur entreprise, quoique de mauvais exemple, et on fait acheminer quekjues troupes vers eux * pour leur prêter main-forte ; mais le marquis de la Valette les prévient, fait entrer dans la ville des gens de guerre qui sont à la dévotion de son père, désarme les habitants et les met en état de ne lui pouvoir faire de mal^.
On sollicite le gouverneur de Saintes; on fait des offres à celui de Loches ; on trame des menées pour Angers, avant même qu'on Tait livré; on donne absolution de plusieurs crimes aux huguenots en récompense d'une fidélité imaginaire, en vertu de laquelle on supposoit qu'ils avoient refusé de servir la Reine, qui, bien loin de les en avoir sollicités, avoit aussi généreusement refusé l'office qu'ils lui avoient faite de l'assister qu'infidèlement, et pour s'avantager au désavantage du service du Roi, ils lui avoient faite sans en être requis. Il ne fut pas même jusques à Déageant, qui étoit un de leurs plus affidés ministres, qui ne ressentit les effets de la mauvaise volonté qu'ils convoient encore contre la Reine : car ils l'éloignèrent, .sur l'imagination qu'ils eurent qu'il se repentoit de sa faute ^.
Tandis qu'ils étoient si attentifs à ôter à la Reine toute l'autorité auprès du Roi que la qualité qu'elle
1. Sous les ordres de M. de Praslin [Journal cVArnauld d'Andilly, p. 418).